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Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 11:48

Ou comment je me suis retrouvée embarquée pour unne soirée en Australie sans quitter le nord de Londres.

"J'y vais, j'y vais pas" tel a été le leitmotiv de toute la journée de samedi. Puis mon best french buddy a lourdement insisté pour que j'aille voir les Little Red au Proud Camden, allant jusqu'à me menacer de ne pas "liker" mon statut facebook. "Je les ai vus à Paris il y a quelques jours, ce sont des bons gars qui finissent le concert sur le troittoir à boire des canettes de bières avant de rentrer à leur hôtel en vélib'. Vas-y je te dis sinon je like pas ton statut". Prise au piège d'un si odieux chantage, je suis montée dans le 27, direction Camden et sa faune de gens bourrés à toute heure du jour ou de la nuit, une sorte de Disneyland pour qui a arrêté de boire de l'eau.

Aller seule à un concert ne me dérange pas. Aller seule à un concert quand on arrive à 20h et qu'on constate une fois sur place que le groupe ne passe qu'à 23h, ça devient un peu plus embêtant. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire pendant 3h... Boire. Obligé! Mais à £3,50 la 33cl de Fosters, j'ai vite constaté que je n'allais pas boire jusqu'à plus soif ce soir. Je me suis installée avec mon cher breuvage sur la terrasse du Proud Camden, entre le bar et le barbecue. Oui, ici, ils ont la bonne idée, en été, de faire des soirées barbecue. Les gens arrivent peu à peu. J'ai une grande table pour moi toute seule. Je tente quelques textos à quelques amis du coin, savoir s'ils ont prévu de venir. Seulement, demander à son ex-fuck friend qu'on a envoyé chier deux jours avant parce qu'on ne voulait pas devenir boyfriend/girlfriend ou à sa meilleure amie de venir, cela ne garantie pas du tout une venue rapide des dites-personnes. De là, je me dis qu'il est éventuellement temps d'agrandir mon cercle de connaissances londonniennes sous peine de mourir seule à une table digne de la Cène avec une bière trop chère et dans des odeurs de viande grillées, forcément dévorée par une meute de chiens affamés au petit matin comme dans Bridget Jones.

A la petite table à côté de moi se trouve une jeune fille accompagnée d'un jeune homme. Et alors que je me dis qu'ils ont bien de la chance d'être dans ce pays depuis longtemps pour connaître au moins UNE personne avec laquelle sortir, le garçon se lève pour aller chercher à boire et la jeune fille m'interpèle. "Est-ce que tu attends quelqu'un?" J'avoue que non. "Et bien, viens t'asseoir avec nous, tu ne vas pas rester toute seule. Little Red ne passe qu'à 23h". Magie d'un bar anglais où les gens sont sympa. Et voilà comment je me suis retrouvée plongée en Australie. Elissa (c'est son prénom) est originaire d'Australie, tout comme son ami et coloc. Ils viennent de Melbourne, tout comme les Little Red. Leurs autres colocs doivent arriver bientôt avec des amis, mais eux non plus ne sont pas sûrs de leur venue alors autant faire la fête à trois plutôt qu'à deux d'un côté et moi toute seule de l'autre me dit-elle. Logique. En trois heures, nous avons le temps de nous raconter nos vies, de se marrer, de parler du Tour de France, de vins français, du fait que mettre des glaçons dans du vin blanc c'est pécher, mais seulement s'il s'agit de vin français, de spécialités culinaires du sud ouest, de l'Australie et des Little Red. L'histoire de mon best french buddy à Paris discutant avec eux sur le trottoir éclusant un pack de bières avant de prendre un vélib' les fait beaucoup rire et ne les étonne pas. "Ils sont comme ça. Toujours cool". Les autres colocs finissent par arriver. Tout le monde trinque, parle, s'intéresse. Allons danser.

Enfin, le concert commence. Le DJ arrête ses platines et la house laisse place aux guitares, basse, batterie et clavier du groupe. Certains titres semblent tout droit sortis des 60s, avec leurs voix qui se mèlent, les guitares et le tambourin. D'autres nous renvoient au vieux rythm&blues, aux Temptations et à tout ce que la Motown a fait de mieux. D'autres encore ont l'énergie du punk mais sans l'agressivité. Les voix sont douces, harmonieuses mais claquent quand il faut. Les aficionados des Little Red, comme mes nouveaux amis de soirée, connaissent les titres par coeur. Elissa m'explique que tel ou tel est un tube en Australie, que celui-là est moins connu mais très bon quand même, et ainsi de suite. D'autres personnes, comme moi, sont là pour la première fois devant eux et apprécient leurs riffs. Attitute anglaise ou pas, il n'y a en effet pas une personne dans un coin les bras croisés, l'air dubitatif et attendant que ça se passe.

Une heure plus tard, les musiciens saluent la foule avant de se transformer en roadies et ramener leur matériel dans le camion qui attend plus bas. La house a repris ses droits. Des jeunes femmes burlesques investissent le lieu. Tandis que l'une fait de la balançoire au plafond vêtue telle Bettie Page pour le plus grand plaisir des messieurs présents, une autre se prépare à jongler avec du feu tandis qu'une troisième s'étire dans un cerceau (impressionnante de souplesse cette jeune femme). Le Proud Camden devient night club. "Tu nous suis au Ministry of Sound? Il y a Basement Jaxx". J'ai décliné l'invitation pourtant très tentante préférant rester sur mon impression des Little Red.

 

 

 

 

 

 

 

Par live forever - Publié dans : Rock&roll star
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 09:04

L'affaire DSK est pire qu'un choc, pire qu'un coup de poing. Tout d'abord, il y a l'incrédulité face à la nouvelle. "DSK arrêté à bord d'un avion Air France pour être entendu dans une affaire de viol? Impossible", et ce fut ma première réaction. Puis le traumatisme des photos et vidéos qui s'enchainent partout, sur tous les supports. DSK sortant de chez les flics, menottes aux poignets, puis dans un tribunal à New York, mal rasé, regard tombant, vide, fixe. Ici et là, sur Twitter, Facebook, tout le monde compare la scène à un épisode de New York, section criminelle. Sauf que les inspecteurs Goren et Logan n'ont rien de sympathique cette fois. Ils sont réels. Tout est réel. Jusqu'à l'enfermement à Rikers, prison bien connue des fans de NYC district, puisqu'il s'agit de la pire des prisons du coin, le procureur McCoy menaçant régulièrement les accusés de les y laisser s'ils n'acceptaient pas un accord. Certes, il y a aussi Sing Sing, qui n'a pas l'air mieux. La théorie du complot fait aussi rapidement surface. Patron du FMI qui tombe ainsi alors que les américains et les russes ne le portent pas vraiment dans leurs coeurs car il privilégie beaucoup les pays européens; mais aussi futur candidat à la présidence de la république française, donné gagnant aux primaires du PS, et, d'après les sondages, serait le seul capable de mettre à terre Sarkozy dans les urnes et lors des débats. Cela fait en effet beaucoup d'ennemis ou de personnes qu'il dérange.

Mais l'incrédulité laisse place à l'écoeurement. Le porte-parole de la police parle de preuves ADN évidentes, l'emploi du temps est décortiqué, on avance des griffures sur le torse, des détails crus, qu'on ne veut pas connaître. Une autre femme parle et raconte à qui veut l'entendre la tentative de viol qu'elle aurait subi quelques années plus tôt de la part du même homme. DSK est présenté comme un prédateur sexuel. Le procureur avance d'autres victimes. Puis DSK, après avoir nié les faits, changerait de défense, selon les médias bien informés par les services de police américain et le procureur de New York, et prétendrait que la jeune femme était consentante.

La jeune femme. D'elle, on ne sait rien. Et surtout pas qu'elle est une potentielle victime. Si DSK a bel et bien fait tout ce dont elle l'accuse, c'est une horreur. Si elle a tout inventé, il y a forcément une raison, quelle qu'elle soit. De DSK, on connaît son penchant pour les femmes. C'est en tout cas ce que les hommes politiques français avancent. Un penchant. Parfois appuyé. De ce que j'ai lu et entendu ici et là de ses amis ou ennemis politiques, c'est qu'ils en parlent avec une sorte de bienveillance dans le regard. Un peu comme si la séduction de DSK était un jeu, du genre "ah sacré Dodo, jusqu'où va-t-il aller pour la mettre dans son lit?" sans bien sûr aucun respect pour sa femme officielle et met celle à séduire au rang d'objet, de butin, de challenge. D'un point de vue féminin qui n'engage que moi, d'après les dires des uns et des autres, Strauss-Khan, dans sa manière de séduire, a plutôt tout du boulet insistant que l'on peut rencontrer aux alentours de 3h du mat au Truskel ou dans n'importe quelle boîte de nuit. Le genre à qui dire une seule fois "non, c'est gentil, mais je préfère me payer mon verre moi-même" ou "non, je suis flattée mais je ne suis pas intéressée" ne suffit pas et même après un "bon, maintenant, j'ai été sympa, mais là, tu me saoules vraiment donc dégage, je ne veux pas de toi", le mec revient à la charge. En France, en tant que fille, on a l'habitude de ce genre de mecs. Je ne connais pas une fille qui n'a pas eu à faire face à ce genre de boulet. Et voire de finalement donner un peu afin d'avoir la paix. Aux Etats-Unis, c'est du harcèlement. En France, c'est un comportement de boulet.

Et finalement, cet écoeurement que je ressens plusieurs jours après l'arrestation de DSK ne le concerne pas lui, mais plutôt l'état d'esprit qui règne en France concernant les rapports homme/femme. Je ne prétends pas qu'ailleurs tout est formidable. Aux Etats-Unis, les hommes hésitent à prendre un ascenseur seul avec une femme pour éviter d'être poursuivi pour harcèlement ce qui est d'une absurdité sans nom. N'y a-t-il pas un juste milieu? Le viol est pénalement répréhensible en France. Mais où commence le viol? Aux US, si la fille dit oui au début puis non et que le garçon ne tient pas compte de ce non, il s'agit d'un viol. Pourquoi ai-je le sentiment qu'en France la fille passera pour une allumeuse ou une fille qui ne sait pas ce qu'elle veut puis après tout elle a dit oui donc en voiture Simone...

Cela fait un mois que je vis à Londres. Cela fait un mois que je ne me suis pas fait traiter de salope/pute/connasse/vas-y-suce-moi/va-te-faire-enculer/de-toute-façon-t-es-moche par des mecs à qui je refusais de donner une clope et ça ne me manque pas. Ici, les filles en jupe-ceinture côtoient les femmes en burqa et, même si les unes n'en pensent pas moins des autres, chacun laisse l'autre libre de ses choix.

L'écoeurement renvoie à la place réservée à la femme en France. Car même s'il existe des élues, elles n'ont pas beaucoup eu droit à la parole dans les médias français concernant cette histoire. J'aurais aimé entendre Elizabeth Badinter par exemple. On a eu son mari. Où est Simone Veil? Et au PS? Il n'y a plus de femmes? Pourquoi ne sont-elles pas invitées à parler de DSK? Etre une femme rendrait-il partial pour parler d'une accusation de viol contrairement à un homme qui lui "sait"?

On a beaucoup entendu ses amis, les hommes politiques en général, même les philsophes pour qui DSK est un homme à qui on reproche uniquement son amour des femmes. Et c'est peut-être vrai. On parle de talon d'achille. On dit même du bout des lèvres que ce qu'il a fait, en France, n'aurait pas forcément été condamné, car c'est un peu dans les moeurs quand même, tandis qu'aux Etats-Unis, regarder une femme dans les yeux avec insistance on peut passer par la case prison. Limite on tenterait de faire passer les américains pour fous, trop puritains. Puritains, ils se sont. Mais les accusations portées par cette jeune femme sont assez loin d'un simple effleurement de peau, d'un regard déplacé ou même d'une main aux fesses (et je déteste ce genre de geste qui amène invariablement ma main dans la gueule mais pas un procès comme il serait d'usage aux USA). Cette jeune femme parle de tentative de viol anal (en gros, il aurait tenté de la sodomiser pour ceux qui n'auraient pas compris), il l'aurait forcé à faire une fellation, puis enfermée dans une pièce, soutien gorge arraché... La violence de ces accusations, personne n'en parle vraiment. Les hommes se contentent, au final, "on n'a pas les mêmes moeurs ni définitions ici qu'aux Etats-Unis". Je ne savais pas que, finalement, en France, quand un homme veut dire bonjour à une femme, il tente d'abord de la sodomiser. Depuis quand ça a remplacer la bise? Et pourquoi, POURQUOI, la parole est-elle toujours et encore une fois donnée aux hommes? Et, enfin, pourquoi les femmes politiques françaises acceptent tout cela et se taisent? Panafieu demande à ce qu'on ferme notre gueule tant que les preuves ne sont pas établies. Elle a raison sur l'affaire, mais pas sur la place de la femme dans la société. Il FAUT en parler.

Que DSK soit coupable ou non, la justice le dira (ou pas). Cette note n'est ni là pour le défendre, ni là pour l'accuser sans preuve. Cette affaire devrait surtout nous alerter sur la façon dont les femmes sont encore aujourd'hui considérées dans notre pays, à travers les propos des uns et des autres pour justifier une attitude de boulet envers les femmes. "Impossible qu'il ait forcée, il est juste parfois un peu trop insistant" voilà ce qu'on lit et entend. Les mecs, putain, vous savez ce que c'est que d'avoir un mec "un peu trop insistant" en soirée? Alors peut-être que pour un homme, une femme qui se jette à ses pieds limite en l'implorant d'avoir un rapport avec elle relève du fantasme, mais les quelques amis que je connais et à qui c'est arrivé ont plutôt pris leurs jambes à leurs cous et ça leur a fait tout drôle "d'être à la place d'une femme, je ne savais pas que ça faisait ça, je vous plains" dixit les intéressés.

Je ne veux pas croire que DSK soit coupable. S'il pouvait s'agir d'un complot, si elle pouvait avoir tout inventé pour une raison ou autre, je serais ravie, soulagée, heureuse, car je croyais en lui pour la présidentielle, je voulais voter pour lui, il représentait mon espoir et je tombe de haut (patatras). Mais si, en France, on pouvait arrêter de considérer comme normal une attitude de boulet et trouver cela tout à fait normal d'insister après un ou plusieurs refus, car cela relève du jeu de séduction soi-disant, ce serait encore mieux.

Par live forever
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 13:37

Alan McGee a décidé de poser ses platines du côté de Brixton, à Londres, une fois par mois au Jamm, où il en profite, entre deux DJ set, pour nous faire découvrir plusieurs groupes non signés de la scène rock. Le lieu se prête parfaitement à l'occasion. Le Jamm est une maison perdue au milieu de Brixton road, quartier où toutes les cultures se mèlent. Plus proche de la vieille bicoque de Psychose que de la propriété de luxe d'Autant en emporte le vent, on y pénètre par une terrasse avec bancs et tables pour les fumeurs. On pousse la porte d'entrée, puis une deuxième sur laquelle est placardée une affiche annonçant la sortie de l'indispensable DVD "Upside down: The creation records story". La pièce est sombre, sale, bruyante, parfaite. Au bar sur la droite, deux serveurs, une serveuse. Le public arrive petit à petit et les pintes défilent.

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Le premier groupe, Jeye T, se lance sur la scène située au fond. Originaire de Glasgow, le chanteur ne tarde pas à mettre tout le monde d'accord. C'est pas mal du tout et ça devient même très bien à mesure que les titres s'enchaînent. A quoi ça ressemble? Difficile à définir. Nirvana? Oasis? Jesus&Mary Chain? Stone Roses? Mettez tout ça dans un shaker, ajoutez-y la personnalité du chanteur, secouez et vous y êtes. Gary Powell ne s'y est pas trompé, puisqu'il les a pris sous son aile sur son nouveau label.

Le deuxième groupe se prépare pendant qu'Alan McGee est de retour aux platines. Entre quinze et vingt minutes s'écoulent avant que The rose ne monte sur scène. Premières notes, premières paroles. Je vais fumer une clope avec ma pinte. Sans doute le chanteur était-il nerveux ce soir là, mais ça n'était pas ça du tout pour moi. Je ne commenterai pas plus que cela, étant restée dehors à fumer des clopes et boire quelques pintes, discutant sur la terrasse.

En revenant dans la salle, le troisième groupe, Strange october, est déjà passé, et le quatrième, Ronson Kipling, fini son set. Je vous renvoie donc à leurs sites respectifs et à vous faire votre avis par vous-même. Parfois, c'est pas mal.

Le cinquième et dernier groupe, The rising, est à retenir. En fait, je ne sais pas si ce groupe est bien ou non. Les titres envoient du lourd, j'aime l'attitude, un peu tout ça MAIS. Oui, grand et gros MAIS. Le mimétisme avec Liam Gallagher (ex chanteur d'Oasis/lead singer Beady Eye, pour ceux qui l'ignorent) de la part du chanteur est trop flagrant. Même attitute, même démarche pieds en canard, grattage de barbe, joujou avec le tabourin, la ressemblance dans la voix également, mais aussi certaines intro reconnaissables. Bon, vous me direz que je me fous de la gueule du monde parce que, pour les non initiés, Oasis ils font tout comme les Beatles (©Homer Simpson), mais voilà, c'était un peu trop évident pour certains titres et en même temps, forcément, ce genre là me parle et donc j'aime bien. Mais je propose au chanteur de trouver, je ne sais pas, ne serait-ce qu'une façon plus personnelle de se gratter la barbe qui repousse, dans l'autre sens par exemple, ou au lieu de choisir le grattage des pattes, qu'il se focalise sur le menton, ça m'évitera de crier en plein Jamm "Nan mais nan mais oh mais nan m'enfin c'est un peu abusé là quand même. Non mais dis donc" tout en battant la mesure avec mon pied. Contradiction, quand tu nous tiens.

Les platines reprennent leurs droits. Alan McGee laisse discrètement sa place à Jamie Kelly, lui aussi féru d'indie, punk et rock classics. Une soirée telle qu'on en souhaiterait plus souvent. Du live, une playlist idéale, un peu de pluie et de la bière.

 

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A suivre...

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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 17:18

 

Cinq ans après « Laissez-moi rire » et un rôle récurrent dans la production Canal +« Pigalle, la nuit », Dani revient avec un nouvel album concept « Le Paris de Dani ». Entre rive droite et rive gauche, Dani raconte ses rendez-vous et son amour pour la capitale à travers des textes de Jean Fauque, Jean-Jaques Burnel, Ronnie Bird ou encore Pierre-Dominique Burgaud avant de remonter sur scène.

 

 

Assise sur un tabouret dans une salle de répétition du Studio Bleu à Paris, Dani bat la mesure à l’aide d’une baguette de batterie. Vêtue de noir, tout en cuir, elle trouve que sa voix n’est pas au niveau, s’en excuse, explique que c’est parce qu’elle a répété la veille et n’a pas eu le temps de reposer sa voix tout en allumant une autre cigarette. Un piano, une guitare et une batterie l’accompagnent. Ils continuent avec « Nos rendez-vous », l’un des onze titres de son dernier album, « Le Paris de Dani », en vue de son premier concert parisien le 3 mai au Réservoir. « Ce titre évoque beaucoup de choses personnelles et fortes. Ça parle des rendez-vous de la vie et du quotidien à Paris qui n’est pas facile non plus » raconte-t-elle. « J’ai demandé aux auteurs d’imaginer Paris tel que je le vois et le ressens. A chaque fois, ils sont tombés juste. Ce qui est intéressant quand on est interprète, c’est justement de se planquer derrière le texte des autres ». Et même si on ne retrouve pas Etienne Daho sur cet opus, occupé avec sa tournée, les proches de Dani ont chacun écrit un titre racontant Paris à travers ses yeux. « Je connais depuis longtemps tous les gens qui ont participé à cet album. C’est un peu ma garde rapprochée. Je leur ai expliqué vouloir faire un album sur Paris. Tout le monde m’a dit que j’étais une kamikaze, que seules deux personnes devaient l’écrire pour qu’il y ait un fil conducteur. Moi, je trouvais ça plus intéressant d’avoir plusieurs regards sur la capitale, depuis Londres, Perpignan, Bruxelles et Paris. Chaque chanson est une histoire qui me touche beaucoup. Ce sont des polaroïds qui me reviennent ».

L’histoire de Dani et de la capitale remonte aux années 60, à Salut les copains, Truffaut, aux débuts de Bowie et Jagger. De cette époque, elle a gardé l’énergie qu’on retrouve dans son album, produit comme un opus rock. « Jean-Philippe Verdin a revisité tout ça avec beaucoup d’amour pour moi et son talent. Tous les jeunes d’aujourd’hui qui font de la musique ont des références des années 60 et 70. Les voix ont été enregistrées chez moi, à l’exception de « Mon cœur balance » écrit par Christian Ravasco et composé par François Bernheim, et « P.A.R.I.S » de Cali. Pour ce dernier titre, on avait besoin d’un son à la Elvis Presley. On a fait une prise comme dans les années 60, en live où on a enregistré les instruments en même temps, au studio ICP à Bruxelles. C’est la première chanson qu’on a faite, avant même le choix définitif des titres de l’album. Elle correspond exactement à ce que je pense de Paris et de la région parisienne ». Les autres titres ont en partie été enregistrés chez elle, au « Dani home studio » comme elle l’appelle. La raison est simple. Dani a le trac. « Je n’arrivais pas à chanter en studio, j’avais la trouille. Et puis je n’aime pas chanter dans le bocal où on est coupé de tout le monde. L’équipe a installé la console chez moi dans mon salon et je me suis enfermée dans ma chambre pour interpréter les titres. C’est une émotion particulière de chanter. Il faut aller chercher au fond de soi pour être juste ». Caprice de diva ? Non. « Après le succès de Comme un boomerang avec Daho, ça m’a mis une pression supplémentaire. J’avais peur de ne pas être à la hauteur des mots si beaux que j’entendais à mon sujet. C’est embarrassant toutes ces critiques positives. Ça fait plaisir, mais après, on a un manque. Et le manque vient souvent. Quand on a l’habitude d’entendre des jolies choses en continu pendant un temps et que ça s’arrête, le quotidien devient compliqué. ».

Son équilibre, entre ombre et lumière, Dani le trouve dans les roses, une passion loin du rock et des turpitudes nocturnes. « C’est marrant. Beaucoup de gens ne comprennent pas que je m’occupe de mes roses la journée pour après être sur scène. Mais mon rendez-vous quotidien avec les roses, j’en ai besoin. La musique, c’est autre chose. On peut en écouter partout, faire les roses en écoutant de la musique et faire de la musique en ayant un bouquet de roses à côté de soi ».

Son refuge se trouve dans un atelier du 15e arrondissement de Paris. C’est là qu’elle s’occupe de ses roses avant de les envoyer à la boutique de l’hôtel Costes. Et lorsqu’elle explique mêler les roses à la musique, ce n’est pas pour rien. Sa dernière idée est de transformer une partie de l’atelier en salle de répétition et, pourquoi pas, une scène ouverte, même si ça semble compliqué. « Ce serait quand même plus sympa de répéter à l’atelier au lieu de louer une salle au studio comme aujourd’hui ! J’aimerais en faire un lieu ouvert. Une scène où les gens viendraient faire un bœuf, comme ça. On y travaille, mais c’est très difficile, avec les autorisations à obtenir. Il y a des normes de sécurité à respecter, il faut que tout soit sûr. On ne peut pas le faire comme ça et c’est un peu dommage. L’idée d’ouvrir la porte et qui veut entre est une bonne idée, parce que c’est ça la musique, l’imprévu, être un saltimbanque ». Existe-t-il chez Dani une volonté de redevenir une figure de la nuit parisienne, comme au temps de L’Aventure ? « La nuit, c’est magique, bizarre et incroyable, parce que tout le monde, moi y compris, est différent et joue un rôle. On est désinhibé, surtout quand on boit un verre de rouge ou autre. On croit qu’on va rencontrer l’amour de sa vie, un job d’enfer tout de suite ou que tout va se régler avec le banquier. Ce sont des clichés basiques, mais c’est la réalité. Tenir une boîte, je l’ai fait avec ma petite sœur. Et c’était génial. On est le confident de plein de gens. Psychologiquement, c’est très intéressant. Et puis, en voyant les autres, on se dit que finalement, tout ne va pas si mal, puisqu’on a encore un travail ! Mais refaire ça aujourd’hui, non ». La référence à la nuit se trouve dans le dernier titre de son album. « Santé » évoque cette ambiance étrange où l’on n’oublie jamais de se remaquiller pour séduire et être quelqu’un d’autre. « La santé est la chose la plus importante. Il faut être dans la vie et continuer à faire des choses pour conserver la santé ». Ainsi elle se prépare à remonter sur scène, tout d’abord au Réservoir dans le cadre d’une soirée France Bleu, puis dans le reste de la France. « Et j’ai encore plein d’autres choses à faire. Les idées, je les ai, mais elles ne sont bonnes que quand elles existent. Il me reste à les concrétiser avant d’en parler ».

On ne peut pas quitter Dani sans lui parler de Malcolm McLaren, décédé des suites d’un cancer le 8 avril dernier et qu’elle a connu. « Quand j’ai ouvert mon premier magasin de roses rue de Tournon à Paris, il avait son studio juste en dessous. Je lui ai demandé il y a deux ans de me faire une chanson sur Paris, mais il n’a pas répondu, sans doute déjà malade. C’était un super artiste et un super visionnaire, l’un des derniers managers à aimer la musique. Heureusement, il y a encore des gens dans ce métier qui sont sensibles et aiment la musique, même si, maintenant, un artiste est toujours sur le fil. Il faut qu’il vende pour continuer à faire de la musique. Mais c’est la société d’aujourd’hui. Et puis, la créativité, c’est tout ou rien, et ça, ça ne change pas ».

 

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Le Paris de Dani (Az/Universal)

Disponible depuis le 22 mars

 

 

 

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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 15:03
"This is History". Liam aurait pu le dire ce week-end car c'était le cas. 210 000 personnes pendant trois soirs enfermés dans Heaton Park, une ville toute entière au rythme d'Oasis, des habitants qui vibrent ensemble pour un seul et même groupe, un rendez-vous unique, immanquable. Point de stadium of Manchester City cette fois, mais un Heaton Park avec de la boue et de la pluie. Une sorte de Glastonbury avec pour seule tête d'affiche Oasis et qu'une attente en prendre plein la tête et laisser ses neurones à la maison. Kasbian était parfait pour chauffer ce public déjà tout acquis à la cause des Gallagher. Tom Meighan, même si la voix n'est pas toujours au rendez-vous, a assuré son set. Il a mis tout le monde d'accord et Fire est devenu l'hymne du week-end. Classé troisième meilleure vente en Angleterre, Kasabian assied son succès Outre Manche en sortant l'album le lendemain des concerts historiques de Manchester.
Une demi heure plus tard, Fuckin in the bushes annonce l'arrivée des Gallagher. Hystérie du public. Pintes, chaussures, parapluies et autres objets plus ou moins identifiés volent au-dessus des têtes. "Hello Manchester" dit Liam. Le pubic exhulte tandis que Chris Sharrock donne les premiers roulements de batterie de Rock&roll star. Heaton Park est devenue une zone de non droit, l'ordre n'a pas sa place ici. Difficile de toucher terre. Tout le monde saute en rythme. Certains en profite pour évacuer le trop plein de bière d'une façon ou d'une autre. Il pleut de la pisse. Peu importe. Liam a une nouvelle fois sorti la parka (griffée Pretty green, sa marque, il ne perd pas le nord) et se nourrit de la folie du public. Lyla rend beaucoup mieux en live que sur cd. De nouveau, les gens sautent dans tous les sens. L'espace réservé pour le concert dans le parc est immense, si bien que trop loin de la scène, le son est quasi inaudible. Le public connait les titres par coeur et chante plus fort que le son sortant des amplis. Il faut s'approcher, s'enfoncer dans la fange pour atteindre l'endroit idéal. Une fois là, tout devient encore plus énorme. Liam a une voix parfaite. On se croirait revenu aux débuts, lorsqu'il n'avait pas encore 20 ans de cigarettes et d'alcool et de reste dans le sang. Il est au sommet. Pas de couac, ni de fausse note. Il est dans la place, il envoie le bois. L'arrogance tant de fois décrite par les médias français est un reproche qu'on ne peut lui faire quand on a vu Manchester ni quand on connait un tant soit peu ce groupe. Il ne s'agit pas d'arrogance. C'est du panache. Sûr de lui, il tient son public au creux de sa main et les spectateurs lui renvoient cette énergie qui lui est propre. A travers les titres de Noel, c'est tout l'histoire de cette ville du nord de l'Angleterre qu'il raconte, la souffrance, la pauvreté, l'ennui, le chômage, tout cela vécu la tête haute. "Never complain, never explain" dit la reine. C'est de cela qu'il s'agit ici. Que les médias français et autres connards de popeux des bars indie rock de la capitale restent dans leur ignorance snob et s'astiquent le manche sur les Sliimy, Julien Doré et autres Camelia-Jordana. Ils n'ont définitivement rien compris.
Nouveauté dans la set list. Roll with it déboule sans prévenir. Titre souvent sous-estimé que Liam chante sans problème. Cigarettes and alcohol vient ensuite. Montée en puissance de la folie qui s'est emparée de la foule depuis le début. La pluie et les jets de pintes de pisse ne se remarquent même plus. Dans ce titre, tout est dit. Manchester est là, dans ces quelques phrases, la misère mêlée à l'envie de vivre. D'autres titres, d'autres pintes, Half the world away, aussi culte pour les mancuniens que pour moi seule à Paris, et voilà The Masterplan. Noel, seul face à 80 000 personnes pleines de boues, de pisse et de ferveur. C'est beau. La communion est là. Mancuniens de souche et d'adoption, tous ensemble avec la même boule au ventre de vivre ce moment. La messe est dite. Personne ne se connaissait il y a encore une heure, tout le monde se prend par les épaules, peu importe qui est qui ou qui fait quoi de se vie. Un songbird pour les missus et Slide away. Noel toujours et encore pour donner l'ultime frisson à ce titre. Morning Glory. Encore un morceau qui explique le coeur des mancuniens. Repris à l'unisson dans un chaos incroyable. Le temps semble s'être arrêté. My big mouth, Wonderwall, Live forever et Supersonic pour le coup de grâce. Le chaos. Toujours et encore. Incroyablement attirant. On ne veut pas partir. On ne peut pas le quitter. On est happé dans ce tourbillon de grand n'importe quoi. Communion. Ferveur. Des mots qui reviennent et qui décrivent parfaitement ce moment. Rappel. Don't look back in anger. Magique. Hymnesque. Même tout prêt de la scène, le public prend le dessus sur Noel. Lui aussi semble dépassé par l'instant. Les yeux grands ouverts, il contemple son public, sourit puis ferme les yeux comme pour imprimer tout ça dans son esprit. Falling down et Champagne supernova au moment où la nuit se fait noire. I'm the walrus. Done.
This was history.

Par live forever - Publié dans : Rock&roll star
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