Alan McGee's Greasy Lips Club- London, 7 mai 2011
Alan McGee a décidé de poser ses platines du côté de Brixton, à Londres, une fois par mois au Jamm, où il en profite, entre deux DJ set, pour nous faire découvrir plusieurs groupes non signés de la scène rock. Le lieu se prête parfaitement à l'occasion. Le Jamm est une maison perdue au milieu de Brixton road, quartier où toutes les cultures se mèlent. Plus proche de la vieille bicoque de Psychose que de la propriété de luxe d'Autant en emporte le vent, on y pénètre par une terrasse avec bancs et tables pour les fumeurs. On pousse la porte d'entrée, puis une deuxième sur laquelle est placardée une affiche annonçant la sortie de l'indispensable DVD "Upside down: The creation records story". La pièce est sombre, sale, bruyante, parfaite. Au bar sur la droite, deux serveurs, une serveuse. Le public arrive petit à petit et les pintes défilent.
Le premier groupe, Jeye T, se lance sur la scène située au fond. Originaire de Glasgow, le chanteur ne tarde pas à mettre tout le monde d'accord. C'est pas mal du tout et ça devient même très bien à mesure que les titres s'enchaînent. A quoi ça ressemble? Difficile à définir. Nirvana? Oasis? Jesus&Mary Chain? Stone Roses? Mettez tout ça dans un shaker, ajoutez-y la personnalité du chanteur, secouez et vous y êtes. Gary Powell ne s'y est pas trompé, puisqu'il les a pris sous son aile sur son nouveau label.
Le deuxième groupe se prépare pendant qu'Alan McGee est de retour aux platines. Entre quinze et vingt minutes s'écoulent avant que The rose ne monte sur scène. Premières notes, premières paroles. Je vais fumer une clope avec ma pinte. Sans doute le chanteur était-il nerveux ce soir là, mais ça n'était pas ça du tout pour moi. Je ne commenterai pas plus que cela, étant restée dehors à fumer des clopes et boire quelques pintes, discutant sur la terrasse.
En revenant dans la salle, le troisième groupe, Strange october, est déjà passé, et le quatrième, Ronson Kipling, fini son set. Je vous renvoie donc à leurs sites respectifs et à vous faire votre avis par vous-même. Parfois, c'est pas mal.
Le cinquième et dernier groupe, The rising, est à retenir. En fait, je ne sais pas si ce groupe est bien ou non. Les titres envoient du lourd, j'aime l'attitude, un peu tout ça MAIS. Oui, grand et gros MAIS. Le mimétisme avec Liam Gallagher (ex chanteur d'Oasis/lead singer Beady Eye, pour ceux qui l'ignorent) de la part du chanteur est trop flagrant. Même attitute, même démarche pieds en canard, grattage de barbe, joujou avec le tabourin, la ressemblance dans la voix également, mais aussi certaines intro reconnaissables. Bon, vous me direz que je me fous de la gueule du monde parce que, pour les non initiés, Oasis ils font tout comme les Beatles (©Homer Simpson), mais voilà, c'était un peu trop évident pour certains titres et en même temps, forcément, ce genre là me parle et donc j'aime bien. Mais je propose au chanteur de trouver, je ne sais pas, ne serait-ce qu'une façon plus personnelle de se gratter la barbe qui repousse, dans l'autre sens par exemple, ou au lieu de choisir le grattage des pattes, qu'il se focalise sur le menton, ça m'évitera de crier en plein Jamm "Nan mais nan mais oh mais nan m'enfin c'est un peu abusé là quand même. Non mais dis donc" tout en battant la mesure avec mon pied. Contradiction, quand tu nous tiens.
Les platines reprennent leurs droits. Alan McGee laisse discrètement sa place à Jamie Kelly, lui aussi féru d'indie, punk et rock classics. Une soirée telle qu'on en souhaiterait plus souvent. Du live, une playlist idéale, un peu de pluie et de la bière.
A suivre...