Le Paris de Dani

Publié le par live forever

 

Cinq ans après « Laissez-moi rire » et un rôle récurrent dans la production Canal +« Pigalle, la nuit », Dani revient avec un nouvel album concept « Le Paris de Dani ». Entre rive droite et rive gauche, Dani raconte ses rendez-vous et son amour pour la capitale à travers des textes de Jean Fauque, Jean-Jaques Burnel, Ronnie Bird ou encore Pierre-Dominique Burgaud avant de remonter sur scène.

 

 

Assise sur un tabouret dans une salle de répétition du Studio Bleu à Paris, Dani bat la mesure à l’aide d’une baguette de batterie. Vêtue de noir, tout en cuir, elle trouve que sa voix n’est pas au niveau, s’en excuse, explique que c’est parce qu’elle a répété la veille et n’a pas eu le temps de reposer sa voix tout en allumant une autre cigarette. Un piano, une guitare et une batterie l’accompagnent. Ils continuent avec « Nos rendez-vous », l’un des onze titres de son dernier album, « Le Paris de Dani », en vue de son premier concert parisien le 3 mai au Réservoir. « Ce titre évoque beaucoup de choses personnelles et fortes. Ça parle des rendez-vous de la vie et du quotidien à Paris qui n’est pas facile non plus » raconte-t-elle. « J’ai demandé aux auteurs d’imaginer Paris tel que je le vois et le ressens. A chaque fois, ils sont tombés juste. Ce qui est intéressant quand on est interprète, c’est justement de se planquer derrière le texte des autres ». Et même si on ne retrouve pas Etienne Daho sur cet opus, occupé avec sa tournée, les proches de Dani ont chacun écrit un titre racontant Paris à travers ses yeux. « Je connais depuis longtemps tous les gens qui ont participé à cet album. C’est un peu ma garde rapprochée. Je leur ai expliqué vouloir faire un album sur Paris. Tout le monde m’a dit que j’étais une kamikaze, que seules deux personnes devaient l’écrire pour qu’il y ait un fil conducteur. Moi, je trouvais ça plus intéressant d’avoir plusieurs regards sur la capitale, depuis Londres, Perpignan, Bruxelles et Paris. Chaque chanson est une histoire qui me touche beaucoup. Ce sont des polaroïds qui me reviennent ».

L’histoire de Dani et de la capitale remonte aux années 60, à Salut les copains, Truffaut, aux débuts de Bowie et Jagger. De cette époque, elle a gardé l’énergie qu’on retrouve dans son album, produit comme un opus rock. « Jean-Philippe Verdin a revisité tout ça avec beaucoup d’amour pour moi et son talent. Tous les jeunes d’aujourd’hui qui font de la musique ont des références des années 60 et 70. Les voix ont été enregistrées chez moi, à l’exception de « Mon cœur balance » écrit par Christian Ravasco et composé par François Bernheim, et « P.A.R.I.S » de Cali. Pour ce dernier titre, on avait besoin d’un son à la Elvis Presley. On a fait une prise comme dans les années 60, en live où on a enregistré les instruments en même temps, au studio ICP à Bruxelles. C’est la première chanson qu’on a faite, avant même le choix définitif des titres de l’album. Elle correspond exactement à ce que je pense de Paris et de la région parisienne ». Les autres titres ont en partie été enregistrés chez elle, au « Dani home studio » comme elle l’appelle. La raison est simple. Dani a le trac. « Je n’arrivais pas à chanter en studio, j’avais la trouille. Et puis je n’aime pas chanter dans le bocal où on est coupé de tout le monde. L’équipe a installé la console chez moi dans mon salon et je me suis enfermée dans ma chambre pour interpréter les titres. C’est une émotion particulière de chanter. Il faut aller chercher au fond de soi pour être juste ». Caprice de diva ? Non. « Après le succès de Comme un boomerang avec Daho, ça m’a mis une pression supplémentaire. J’avais peur de ne pas être à la hauteur des mots si beaux que j’entendais à mon sujet. C’est embarrassant toutes ces critiques positives. Ça fait plaisir, mais après, on a un manque. Et le manque vient souvent. Quand on a l’habitude d’entendre des jolies choses en continu pendant un temps et que ça s’arrête, le quotidien devient compliqué. ».

Son équilibre, entre ombre et lumière, Dani le trouve dans les roses, une passion loin du rock et des turpitudes nocturnes. « C’est marrant. Beaucoup de gens ne comprennent pas que je m’occupe de mes roses la journée pour après être sur scène. Mais mon rendez-vous quotidien avec les roses, j’en ai besoin. La musique, c’est autre chose. On peut en écouter partout, faire les roses en écoutant de la musique et faire de la musique en ayant un bouquet de roses à côté de soi ».

Son refuge se trouve dans un atelier du 15e arrondissement de Paris. C’est là qu’elle s’occupe de ses roses avant de les envoyer à la boutique de l’hôtel Costes. Et lorsqu’elle explique mêler les roses à la musique, ce n’est pas pour rien. Sa dernière idée est de transformer une partie de l’atelier en salle de répétition et, pourquoi pas, une scène ouverte, même si ça semble compliqué. « Ce serait quand même plus sympa de répéter à l’atelier au lieu de louer une salle au studio comme aujourd’hui ! J’aimerais en faire un lieu ouvert. Une scène où les gens viendraient faire un bœuf, comme ça. On y travaille, mais c’est très difficile, avec les autorisations à obtenir. Il y a des normes de sécurité à respecter, il faut que tout soit sûr. On ne peut pas le faire comme ça et c’est un peu dommage. L’idée d’ouvrir la porte et qui veut entre est une bonne idée, parce que c’est ça la musique, l’imprévu, être un saltimbanque ». Existe-t-il chez Dani une volonté de redevenir une figure de la nuit parisienne, comme au temps de L’Aventure ? « La nuit, c’est magique, bizarre et incroyable, parce que tout le monde, moi y compris, est différent et joue un rôle. On est désinhibé, surtout quand on boit un verre de rouge ou autre. On croit qu’on va rencontrer l’amour de sa vie, un job d’enfer tout de suite ou que tout va se régler avec le banquier. Ce sont des clichés basiques, mais c’est la réalité. Tenir une boîte, je l’ai fait avec ma petite sœur. Et c’était génial. On est le confident de plein de gens. Psychologiquement, c’est très intéressant. Et puis, en voyant les autres, on se dit que finalement, tout ne va pas si mal, puisqu’on a encore un travail ! Mais refaire ça aujourd’hui, non ». La référence à la nuit se trouve dans le dernier titre de son album. « Santé » évoque cette ambiance étrange où l’on n’oublie jamais de se remaquiller pour séduire et être quelqu’un d’autre. « La santé est la chose la plus importante. Il faut être dans la vie et continuer à faire des choses pour conserver la santé ». Ainsi elle se prépare à remonter sur scène, tout d’abord au Réservoir dans le cadre d’une soirée France Bleu, puis dans le reste de la France. « Et j’ai encore plein d’autres choses à faire. Les idées, je les ai, mais elles ne sont bonnes que quand elles existent. Il me reste à les concrétiser avant d’en parler ».

On ne peut pas quitter Dani sans lui parler de Malcolm McLaren, décédé des suites d’un cancer le 8 avril dernier et qu’elle a connu. « Quand j’ai ouvert mon premier magasin de roses rue de Tournon à Paris, il avait son studio juste en dessous. Je lui ai demandé il y a deux ans de me faire une chanson sur Paris, mais il n’a pas répondu, sans doute déjà malade. C’était un super artiste et un super visionnaire, l’un des derniers managers à aimer la musique. Heureusement, il y a encore des gens dans ce métier qui sont sensibles et aiment la musique, même si, maintenant, un artiste est toujours sur le fil. Il faut qu’il vende pour continuer à faire de la musique. Mais c’est la société d’aujourd’hui. Et puis, la créativité, c’est tout ou rien, et ça, ça ne change pas ».

 

http://img.ozap.com/03005634-photo-pochette-le-paris-de-dani.jpg

Le Paris de Dani (Az/Universal)

Disponible depuis le 22 mars

 

 

 

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Publié dans Rock&roll star

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B
<br /> <br /> les filles à voix cassées, ça le fait toujours<br /> <br /> <br /> <br />
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