Jeudi 18 septembre 2008

... Il y a encore des gens qui pensent que quand on est métisse, on a un grand risque de faire un bébé noir, tout noir, COMPLETEMENT NOUARE et c'est brrr, mon dieu quoi



C'était un message à caractère informatif en direct de mon lieu de travail. J'aime mes collègues et elles  me le rendent bien.

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Mardi 5 août 2008
Et ça continue! Inutile mais complètement indispensable, le ragot people (ndlr: people=les gens dont le métier est d'être connu) vous permet d'avoir un truc à dire à la machine à café ou bien en soirée ou bien à votre chat ou bien à votre chien si vous n'aimez pas les chats ou bien à votre canari si le chat ne l'a pas bouffé ou bien à votre belle-mère si elle vous adresse encore la parole.


Sans tour bus, sans pantalon!
Chez les gens dont le métier est d'être dans les magazines, le vol et/ou la perte et/ou l'oubli est un trait de caractère commun. On se souvient des oublis de petite culotte de Britney qui ont eu pour résultat de nous faire apprécier à sa juste valeur le fait qu'on n'était pas gynéco. Puis Paris Hilton qui a perdu successivement son mobile et son ordinateur portable, ce qui a justifié la diffusion mondiale de ses parties de jambes en l'air. Après, elle a cru perdre Tink (Tinkerbell, son chien, pour les incultes) mais elle l'avait juste oublié chez ses grands-parents depuis cinq jours. Et parce qu'Iggy est différent, parce que c'est un demi dieu dans mon monde à moi que j'ai, parce que c'est l'Homme, parce que tout est surdimensionné chez lui, quand il perd quelque chose, c'est aussi grand que... Enfin bon, bref. Iggy a perdu son tour bus. Ou, plus exactement, on lui a volé. M'enfin les mecs... Merde quoi! Il a 61 ans papi! On ne vole pas les vieux comme ça. Ou alors, ce vieux là, vous me faites plaisir et vous lui voler son jean, vous prenez une photo du délit et on n'en parle plus!


MK Roule!
Pauvre petite Mary-Kate Olsen... Le FBI veut l'entendre sur les "médicaments" qui ont été retrouvé chez Heath Ledger le jour de sa mort. Paraît qu'il la sautait à l'occas puis c'est elle qui a été prévenue en premier par la masseuse (oui, une vraie masseuse, ricannez pas) lorsque cette dernière a trouvé le corps de l'acteur. Alors ils veulent savoir. Normal hein. Sauf que, à côté du Xanax et du Valium, il y avait un petit billet de 20$ bien enroulé qui trainait au sol et, dans le monde des gens connus, on n'a toujours pas trouvé une explication valable et légale au roulage de billets qui traînent. Alors, tu m'étonnes qu'elle ne veut pas aller au poste la petite. Ceci dit, Amy, Pete et Kate ont bien réussi à justifier d'une façon ou d'une autre auprès des autorités compétentes (ou non) leurs vidéos youtube diverses et variées où on les voit se servir d'une CB pour autre chose que retirer de l'argent et respirer fortement le boîter d'un CD. Et après tout, pourquoi pas hein. Ca sent bon, non, les boîtiers de CD?


Jocelyn Wildenstein? Ah non...
... C'est Madonna. Et là, je dis merde. Stop au massacre! Combien t'as déboursé ma petite Madge pour avoir cette tête là? Il s'est passé quoi, hein? T'avais envie de plus de pommettes? Une petite ride sur le front qui t'énervait? Ta bouche, tu la trouvais pas assez glamour? Et ben t'es bien attrapée mémée! Si t'as cru qu'on pouvait s'acheter un nouveau corps et une nouvelle tête comme on s'achète un kébab chez le grec (qui est rarement grec, notez le bien), t'as tout faux. Et résultat, tu te retrouves avec une tête de momie sur le corps de Schwarzi (on en reparlera un jour prochain, mais faut aussi que tu arrêtes la muscu, c'est caca) et si tu continues tu vas finir comme Jocelyn Wildenstein. Ou alors, tu fais ton business tranquille dans ton coin et tu évites de sortir dans la rue le lendemain de l'opération parce que ça fait faire des cauchemars.


Fesse bouc ta mère!

Lily Allen croit avoir tout compris, mais en fait non. Pour devancer les tabloïds, elle annonce elle-même sur son facebook son statut. Mais si, vous savez "in a relationship" puis "no more in a relationship" etc. Donc voilà, ça faisait un mois que la ptiote sortait de nouveau avec son Chemical Brother et bien c'est encore fini (note pour les ignares, ça s'appelle une "on/off relationship"). Son facebook annonce "Lily Allen is no more in a relationship". Alors Choupette, t'es gentille, mais ça suffit. On ne veut pas savoir via facebook que t'es "now single". On veut pouvoir continuer à surfer sur le site du Sun tranquillement le matin en arrivant dans l'openspace peuplé de connes à qui on n'a rien à dire et y découvrir ta vie. Déjà qu'ils vont nous augmenter le prix du Nutella après celui des pâtes, il nous reste quoi comme plaisirs après?


Ca, c'est fait!

Enfin les premières photos des jumeaux Jolie-Pitt. Alors? Verdict? Réussis? Pas réussis? Service après-vente? On s'en fout hein. Ce qui est à retenir, c'est que, ça y est, on n'entendra plus parler ni de la grossesse ni du probable accouchement dans quelques jours d'Angelina Jolie. Et d'ici à ce qu'elle se remette de sa césarienne, ça nous laisse au moins jusqu'à l'automne avant qu'elle pense de nouveau à adopter. Ceci dit, on a le temps de lancer un pari. Après le Cambodge, l'Ethiopie et le Vietnam, quelle sera la prochaine destination vacances du couple?




Et comme toujours en vrac (parce que j'ai toujours la flemme, fait toujours trop chaud et c'est bientôt la quille pour moi aussi):
- Morgan Freeman, après le tonneau qu'il a fait sur une route du Missipi et l'opération en urgence qu'il a subie, va bien et moi, ça me fait plaisir de le savoir.
- Britney ne sort pas avec son garde-du-corps-israélien-qui-a-fait-l'armée tout simplement parce qu'elle n'a pas de garde-du-corps-israélien-qui-a-fait-l'armée. En revanche le jeune homme avec qui elle danse au bord d'une piscine d'un palace au Mexique est très fuckable.
- Lindsay Lohan veut épouser sa copine Samantha Ronson mais son père ne veut pas en entendre parler. Elle s'en fout, a déjà acheté les bagues et elle a bien raison.
- Gwen Stefani est toujours enceinte mais, attention, scoop, ça ne va pas durer!
- Sienna Miller s'est déjà fait larguer par son milliardaire qui est retourné chez sa femme. Faut dire que le calcul est vite fait quand on est milliardaire, marié, père de 4 enfants dont un en bas âge et pris en flagrant délit d'infidélité. Mieux vaut retourner chez Môman si on ne veut pas revendre ses stock options à perte.



Oh! J'allais oublier... Paris Hilton... Petit récap pour ceux qui n'ont pas suivi: il y a bientôt une élection aux Etats-Unis. D'un côté Obama pour les démocrates et de l'autre McCain pour les républicains. Ca suit? Bien. Et donc McCain a balancé il y a quelques jours un spot de campagne dans lequel il présente Obama comme un people au même titre que Paris Hilton et par conséquent loin d'être prêt à gouverner. Voilà la réponse de notre blondasse préférée à McCain. Paris for présidente!

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par live forever publié dans : Live forever
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Mercredi 23 juillet 2008
A défaut de lire Voici sur la plage, je consulte Perez Hilton sur la toile. Ce n'est pas parce qu'on est prend le métro pour aller bosser pendant que d'autres sont à la plage à faire des pâtés qu'il faut en oublier l'essentiel de la saison: LE RAGOT PEOPLE CROUSTICHOC. C'est donc avec une joie non dissimulée que je vous livre les dernières news totalement inutiles et pourtant complètement indispensables des gens dont le métier est qu'on parle d'eux.



Kate Moss Rules!

Mélanger l'alcoolisme à la jalousie ne donne jamais rien de bon. Une groupie un peut trop entrepenante a parlé un poil trop longtemps à Jamie Hince. Forcément, Kate Moss, torchée, a trépigné, insulté et griffé le pauvre Kills qui a claqué la porte et fait sa valise (un jean et un rail de coke me dit-on dans l'oreillette). Sauf que Jamie est devenu une loque au fil des concerts, complètement dépressif au Palais de Tokyo (à ce propos, si quelqu'un est en possession d'une veste en cuir taille 36 from Marks&Spencer, c'est la mienne bordel de merde, je te chope, je te tue). On s'est dit qu'Alyson allait le réconforter (et elle n'aurait pas dit non la chagasse), mais la Moss a refait surface en se pavanant nichons à l'air sur un yacht au large d'Ibiza. Jamie a enfilé son jean et s'est mis sur les rails pour la retrouver et, ouf de soulagement, ils se sont rabibogalochés. Merci Kate, Jamie est de nouveau alerte sur scène.


Slutty Miley

Miley Cyrus, 15 ans, est ma nouvelle petite Britney (faut comprendre "ma nouvelle petite pute à moi que j'aime bien"). Tout comme sa grande soeur spirituelle en son temps, elle a fait voeu de chasteté jusqu'au mariage, porte même une bague de pureté (purity ring, très prisée par de nombreux américains. Se décline en collier, bracelet, pendentif, t-shirt, barrette, mug, dessous de plat, couette), et son coeur appartient bien évidemment à son manager/chanteur/has-been de père. Et forcément, tout comme Brit-Brit, la petite déçoit l'Amérique. Ainsi, sur la toile, on peut trouver en photo "Miley montre son string", "Miley montre son soutif", "Miley se touche les nichons", "Miley met un doigt dans sa bouche pour voir comment ça fait", "Miley pose sa tête sur le pénis d'un ami", "Miley prend une douche nue sous son t-shirt blanc", "Miley dit "camion" à une amie", "Miley découvre ce qu'il y a sous sa petite culotte". En même temps, tout ça, c'est pas coucher. J'attends donc avec impatience qu'elle insulte son père par presse interposée avant de se raser le crâne dans un bouge sur Hollywood Bvd. Là, ça sera drôle.



It's Britney, bitch!

Notre mère a toutes a enfin abandonné sa bataille pour obtenir la garde de ses enfants! Et elle a eu bien raison. Dorénavant, Britney n'a plus à culpabiliser lorsqu'elle donne la bouteille de gin à Sean Preston pendant qu'elle boit son biberon (dans lequel elle a mis un fond de whisky, ça aide les enfants à dormir). Elle peut donc se concentrer sur sa nouvelle vidéo hot avec Madonna, enregistrer son nouvel album (sortie prévue en 2009) jusqu'au petit matin avec un homme aussi sobre et clean que Pharrell Williams et tenter de récupérer Adnan, son paparazzi préféré qui, lui, lorgne dangereusement du côté de Miley, beaucoup plus bankable ces derniers jours. Pendant ce temps, K-Fed, son ex-mari gripsou, se demande comment il va régler la note de l'avocat, gérer les biberons et les couches tout en passant ses nuits à Las Vegas pour gagner son mois au poker entouré de jeunes femmes à l'ambition aussi grande que leur tenue est inexistante.



LindSam Power!

Je peux enfin faire la danse de la joie! Lindsay Lohan a  trouvé l'âme soeur et l'heureuse élue s'appelle Samantha Ronson. Après Aaron Carter (un ex de Paris Hilton), Wilmer Valderrama (Fez dans "that 70s show"), Jared Leto (un acteur-emo mais surtout un pro de l'eye-liner), Shaun White (un pro de la poudreuse), Calum Best (fils de), Jude Law (ex de), Robbie Williams (ex de), Leonardo DiCaprio (ex de), Colin Farrell (grrrr), Adam Levine (le miauleur de Maroon5), Pete Wentz (l'autre emo-pro de l'eye-liner), Jamie Burke (un ex burk de Kate Moss), Stavros Niarchos (encore un ex de Paris Hilton), ainsi que trois cures de désintoxication (entre autre Cirque Lodge, comme Britney, Eva Mendes, Kirsten Dunst et leurs amies), fallait bien qu'elle trouve le bonheur.




La Che-pé

Peaches Geldof (aka la fille de l'homme qui veut sauver la planète avec Chris Martin et Bono) a fait une gentille petite OD sans gravité dans son appartement londonnien. Rien de bien grave. Comme on dit Outre-Manche, elle a juste "collapse", les pompiers sont venus, 10mn de réa et "Peaches has made a full recovery from the minor incident reported in today’s papers" a dit son porte-parole le lendemain. Il faut donc comprendre que, à 4h du mat, après s'être pochtronnée la gueule comme une vraie saoularde à l'avant-première du nouveau Batman à Leicester Square, la jolie petite Pêche est rentrée chez elle pour se faire un raillounet ou deux tranquille avec quelques amis de confiance (ben oui, aller à deux aux toilettes publiques, c'est grillé), elle s'est dit qu'une bûche c'est plus joli qu'un rail (proche de la nature, comme son père), elle a inspiré un bon coup, est tombée à la renverse, ses amis eugneu ont mis 30 bonnes minutes pour se rendre compte qu'elle ne se relevait pas et ne répondait pas aux baffes puis ils se sont dit qu'il valait mieux appeler les pompiers avant de détaler fissa pour ne pas avoir d'embrouille. Et tout ça nous donne un "minor incident". Pôpa Geldof n'a toujours fait aucune déclaration, sans doute trop occupé à sauver les pauvres et la planète pour s'occuper de sa progéniture.



Et les autres news en vrac (celles qui méritent pas que je me casse le cul et frise l'illégalité à chercher des photos)
- Louis Bertignac, après avoir dit la semaine dernière, en résumé bien compact, que Carla Bruni était une grosse salope, vient de déclarer dans Nice-Matin (ce matin donc), que Carla était une femme formidable (en même temps on peut être une formidable grosse salope, ça marche aussi).
- Le crack a détruit la voix de Whitney Houston (étonnant, je croyais que ça faisait uniquement tomber les dents).
- Madonna est toujours mariée à Guy Richie (elle ne veut peut-être pas faire un Paul McCartney, ça se comprend)
- Cristiano Ronaldo prouve qu'un pied dans une atèle n'empêche pas de faire le zouave sur un yacht à marée haute avec un mannequin dont les jambes mesurent 1,20m à vue de nez.
- James Blunt s'essaye pour le deuxième été de suite au concept du "plus on est de fous plus on rit" avec Gary Dourdan, Expert de Las Vegas, et une brassée nichons.
- Et en France, on a l'Ile de la tentation avec Lindsay la chagasse chaudasse beaucoup trop pétasse à mon humble avis. Comme dit un ami "on n'y mettrait pas un orteil, pas même avec une grosse chaussette".



Ah... J'allais oublier (en fait, nan, je n'oublie pas, ça s'appelle un effet d'annonce toussa)... Dig out your soul, le putain de 7e album studio d'Oasis sort le 6 octobre. Pre-order now! (ouais, c'est un ordre. J'ai eu la chance d'écouter la galette-merci mon Kikouyou- et ça poutre grave)





P.S: s'il y a écrit "#1" dans le titre, c'est que vous allez bouffer de la news people tant que le soleil brille et qu'il fait plus de 20°. C'est ça ou je fous un sudoku et vu que certains seraient capables d'écrire direct sur leur écran, je ne préfère pas.
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Mercredi 7 mai 2008
En me réveillant ce matin, j'avais envie de m'ennivrer. Boire jusqu'à plus soif. Et puis danser jusqu'à l'étourdissement. Pour oublier. Ne plus penser. Faire du bootylicious alcoolisé ma religion pour oublier le monde qui m'entoure. Trois jours que je suis de nouveau in da place. C'est tellement bon de les retrouver que, ce matin, j'en ai pleuré dans le métro. Il fait beau, j'ai mis les gambettes à l'air dans ma petite robe qui m'a coûté un rein et demi. J'ai un maquillage parfait, parce qu'ils n'aiment pas que j'arrive en robe, les jambes à l'air et le maquillage parfait. C'est tellement mieux quand je ressemble à une pauvresse roumaine qui fait la manche dans le métro (l'odeur en moins, je rassure tout le monde). Je me sentais forte, mon sac à main calé sous le bras et mon dossier entre les mains. L'iPod hurlait dans mes oreilles Alright de Cast. Et puis là, patatras. Assise sur un strapontin, rien ne va plus. Les larmes. Dans le métro, comme ça, à 10h (oui je sais les horaires tout ça, mais déjà je suis en route hein), paf je me mets à pleurer tellement je suis heureuse d'aller bosser, heureuse d'aller m'épanouir dans cet open space si accueillant et chaleureux. Heureuse de travailler plus pour gagner rien. Alors m'est venue l'idée qu'une pinte là tout de suite ça serait putain de bien. Déjà hier j'avais envie de boire à 15h. Puis avant hier à 18h. Aujourd'hui c'est 10h. Après tout, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt hein. J'ai la gorge serrée et mal au ventre. Les gens me regardent. Même pas de pitié. On dirait qu'ils comprennent. Remarquez que les gens dans le métro le matin n'ont pas l'air ravi d'aller bosser et le soir ils semblent angoisser du lendemain à venir. Il n'y a bien que les veilles de jour férié et le vendredi que les gens ont le sourire dans cette putain de vie sous la ville.
La musique m'emmerde alors je zappe. Envie de rien. Même pas envie de faire le chemin inverse là tout de suite. Les stations défilent, changement de ligne, nouvelles stations, les mêmes têtes blasées que je croise tous les matins. Les gens ont quand même l'air d'en avoir pris un sacré coup en deux mois. Vieux et fatigués. Ils semblent tous écrasés par un poids trop lourd à porter. Et moi qui pleure toujours. Et même pas moyen de dire pourquoi. Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'aller bosser. J'ai juste pas envie tout court. Je ne veux pas voir leurs gueules ni leurs sourires hypocrites qu'ils envoient pour mieux me planter le couteau dans le dos. Le nouveau boss me fait définitivement penser à Kaa dans le Livre de la jungle. Fais moi confiance que je te mange. Les larmes ont séché. Le maquillage a disparu. Ray ban sur le nez, je passe le badge. Soupir. Ascenseur. Soupir. Mon étage. Le type qu'ils ont installé juste en face de l'ascenseur est un connard fini et, le plus marrant, c'est qu'il a une affiche sur laquelle il y a écrit "IMBÉCILE" juste derrière lui au niveau de sa tête. Il a l'air de bien le prendre. Tant mieux pour lui. En ce qui me concerne, à chaque fois que je regarde dans sa direction, je ne peux m'empêcher de me dire "ptain c'est vrai... Quel imbécile". En plus, pas de bol pour lui, il a la tête qui va avec. Oui, c'est méchant de se moquer du physique des gens, mais en même temps, il a ce physique-là, je n'y peux rien. Je constate.
Et je retrouve mon open space. La pute n°1, la pute n°2, la pute n°3, l'enculé, le connard, le vicieux et la truie anorexique (remarquez que les mecs sont beaucoup plus originaux que les filles, ils varient). Minée. Faut que j'écrive ce putain d'article qui n'a rien à voir avec la ligne éditoriale du journal et encore moins avec notre lectorat. Tant pis. Je ferme ma gueule et je pisse ma copie. Puis je pars. Rendez-vous chez le médecin pendant ma pause déjeuner puis après écoute d'album et interview. Ah ben oui. La stagiaire et ma remplaçante (qui me remplace toujours même si je suis revenue, notez le concept) n'étaient pas disponibles pour y aller, alors, bon, on m'a demandé d'y aller. Pas convaincus les boss hein de m'y envoyer. La nouvelle rédac chef adjointe qui s'est même proposée de m'écrire mes questions. Faut dire que j'ai été malade longtemps, c'est gentil de sa part de vouloir me faire reprendre le taf en douceur. Et là, ça monte. Mais alors d'une force. Envie de tout casser. Mais pas comme avant. Pas physiquement. Je veux les niquer à leur propre piège. Je veux qu'ils crèvent intellectuellement. Je veux me venger. Je veux qu'ils payent et qu'ils en arrivent à me supplier d'arrêter. Sauf que je n'arrêterai pas, je continuerai, en pire. Comme eux.
J'ai donc regardé une dernière fois autour de moi en prenant mon sac. Un mépris teinté de rage pour tout ce que je vois. Je souris. Ils vont payer. I'm tired and I'm sick I’m gonna shoot ‘em all impose Liam sur une démo. I wanna live a dream in my record machine chante Noel sur une autre. Il ne m'en fallait pas plus. Pieds à 10h10, menton relevé, Ray ban sur le nez, le fookin lad est réveillé. Ils vont regretter le jour où ils ont décidé de me faire chier.
par live forever publié dans : Live forever
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Jeudi 3 avril 2008
Première fois dans ma vie que je dis "je ne peux plus". Ben oui. Fallait que ça arrive. Après 10 ans de bons et loyaux services rendus, coups bas évités, tensions désamorcées et autres gentillesses trash que seule cette profession peut apporter, j'ai dit stop. Trois semaines maintenant que je suis allée voir mon médecin pour lui dire "je ne peux plus, fini, stop, terminé, je rends mon torchon et veux plus qu'on m'embête". L'impression d'avoir légèrement régressé quand même et d'être la petite fille qui dit "je veux pas y aller" parce que "le vilain garçon de la classe des grands il fait que de me tirer les couettes et de m'embêter". En même temps, je n'aime pas qu'on me touche les cheveux et si j'y étais allée un jour de plus, c'est à un Liam très énervé qu'ils auraient eu à faire. J'avais déjà commencé à me révolter. Un peu. Il paraît que je suis spontanée et impulsive. Oui ben on m'y pousse gentiement mais sûrement aussi à l'impulsivité. Du coup c'est sorti. "Je ne suis pas payée pour t'aimer et encore moins être aimée. Mon taf c'est d'interviewer les gens pas de te dire merci quand tu veux m'envoyer sur un sujet de merde comme celui-là. De toute façon, j'irai pas et c'est comme ça. Si t'es pas content, trouve quelqu'un d'autre pour me remplacer parce que je ne me forcerai jamais à faire quelque chose que 1) j'ai pas envie de faire et 2) que je trouve complètement hors sujet rapport à la ligne éditoriale du journal pour lequel je bosse. De plus, si ce que je te dis ne te plaît pas, sache que je ne suis pas payée pour penser donc évite de me demander mon avis si ce dernier ne te convient pas. Et pour finir, arrête de vouloir penser à ma place et faire passer pour des vérités ce que tu veux faire croire que je pense à tout le monde parce que ça commence à sérieusement me saouler. De plus, un bon manageur est celui qui sait qui envoyer sur tel ou tel sujet suivant ses affinités et ce n'est pas ton cas". Bon. Forcément, c'est pas passé. Alors on m'a menacé de blâme si je refusais encore de faire un sujet, mais que, grand seigneur, pour cette fois, ça passait.
Faut voir le sujet aussi. En plus d'être, selon moi, hors cadre avec la ligne éditoriale du support pour lequel je bosse, il était question de me mettre en scène. Oui oui. Moi, en photo, dans le mag, dansant la tecktonik au Metropolis. Et tu veux pas que je te torche le cul aussi tant qu'on y est? Et pourquoi pas faire des affiches 4X3 aussi dans tout Paris? Un blâme donc. On est à l'école là. Déjà que la maîtresse, heu pardon la SR, corrigeait mes articles à voix haute, commentaires appuyés et rires gras de rigueur... Manquait plus que ça. Peut-être qu'on va me demander de passer en conseil de discipline aussi un de ces jours. Ou bien de me mettre une plume dans le cul voir ce que ça fait.
Mais il y a un avant le conseil de discipline. Parce que pour y arriver, il faut avoir fait des trucs genre graves. Mais un employé, c'est pénible, ça marche jamais droit comme le patron veut. Alors on tente de le pousser dans la bonne direction. Ca commence par des petites phrases toutes bêtes. "Ah ben oui on a envoyé la stagiaire faire cette interview. Mais tu sais, si tu n'avais pas posé un RTT ce jour-là, c'est toi qu'on aurait envoyée. Bon ben du coup, on passera ton sujet plus tard, hein, dans un autre numéro. Si c'est toujours d'actualité bien sûr. C'est quand même bête d'avoir posé un RTT comme ça. Sérieux, hein, si t'avais pas été en congé, on t'y aurais envoyée. Puis du coup, t'as écrit pour rien quand même. Ca m'embête un peu mais bon... On n'a pas le choix!"
Il y a aussi le concept de me parler pile au moment où je mets les écouteurs de mon iPod dans mes petites oreilles. Faut comprendre que l'openspace n'est pas spécialement idéal pour écrire (ni pour rien d'ailleurs), alors j'écoute mon iPod. Forcément, l'employeur prend ça pour de l'autisme ou une révolte muette anarchiste sans fondement, bref pour un truc négatif. En même temps, moi je veux bien mettre la musique fort dans cet espace réduit où on nous a entassé à 25, mais je suis face à des gens qui pensent que Fuck forever est une insulte, alors bon, disons que j'évite. Et donc ça donne. "Tu sais Live, t'es journaliste quand même. Ca veut dire qu'il faut t'ouvrir aux gens, leur parler. Il va falloir que tu fasses un effort, mais je suis sûr que tu peux y arriver. Il faut juste que tu y mettes de la bonne volonté". Je dis "oui oui" et je remets mes écouteurs. Puis je vois qu'on continue à me parler. "Oui?" Soupirs appuyés de l'interlocuteur "Oui je sais, j'écoute de la musique quand j'écris mes articles et tu essayes de me parler, mais faut vraiment que j'écrive quand même si tu veux avoir l'article à l'heure" "Oui mais je te parle là". Ah ben parle. Donc mon autisme, ma non volonté de vouloir me mêler aux gens. "Il ne faut pas que tu ais peur Live tu sais. On ne te veut pas de mal. Pourquoi as-tu peur comme ça?" Ah mais j'ai pas peur. Je cherche juste un peu d'oxygène pour écrire ce putain d'article sur Britney là. "Mais si, on voit bien que tu n'es pas à l'aise. Pourquoi tu crois qu'on t'en veut comme ça? Ca me désole un peu..." Ah ben si ça te désole alors... Faudrait peut-être que je m'excuse. En fait non. Ca lui passera bien un jour sa parano sur ce que je pense ou non. D'ailleurs je ne pense pas. De toute façon, pour écrire sur Britney, faut pas penser, ça sert à rien. Moi, je suis juste là pour pisser de la copie qui fait vendre et c'est ce que je fais et jusqu'à présent c'était considéré comme bien. Mais faut croire que c'est pas assez.
Autre journée, même ambiance. Cette fois, c'est la SR qui s'y met. "Travailler avec des cons". Ah ben voilà un livre intéressant. Sauf qu'elle le lit à voix haute, rit grassement (oui, c'est une de ses spécialités, avec sa classe innée aussi surtout lorsqu'elle mache son chewing gum et qu'on l'entend jusqu' au dernier étage, dents qui grincent de rigueur), puis pointe du doigt les gens (l'avantage de l'openspace, c'est la transparence, maintenant je sais à quoi ça sert ce concept) et, comme si on était vraiment débiles, commente d'un "ah ben ça me rappelle quelqu'un". J'adore. Tellement que je rebranche l'iPod tiens. Un petit Killing in the name et ça va mieux. De toute façon, c'est ça ou je tue quelqu'un. Puis ils ont nommé l'une des pros de la manucure "ma supérieure hiérarchique à moi que j'ai". "Maintenant, c'est à elle que tu t'adresses. Ca veut dire que les choses changent, qu'il y a une hiérarchie qui s'est installée et qu'il va falloir que tu la respectes". Heureusement que je n'avais rien dit avant qu'on me sorte ça sinon, qu'est-ce que ça aurait été...
Puis il y a les réunions. Une par semaine pour un bimestriel, je trouve ça marrant, mais bon. Et pendant les réunions, je peux me foutre à poil que personne le remarque. C'est comme s'il n'y a pas de son quand je parle. Tout le monde donne son avis, ses interviews en cours ou à faire, puis moi, ah ben je suis pas là. "Bon ben la réunion est terminée. Ah non. Pardon. Live? T'avais des trucs à dire?" "Ben oui" "Ah mais c'est que là on n'a plus le temps, j'ai un rendez-vous. On s'en reparle plus tard?" Ah ben bon ben d'accord hein. Même la stagiaire a eu la parole quand même... Sinon, plus facile, les réus se font quand je ne suis pas là. "Ah ben oui on a fait une réu, mais t'étais en interview... C'est bête... Ben non on ne pouvait pas t'attendre, fallait qu'on la fasse à 9h30 la réu et t'étais en interview hein. Mais si tu as des idées hein, t'hésite pas à venir me voir, mais plus tard parce que là j'ai des trucs à faire". Facebook. Myspace. Mail. iPod. Blasée je suis. Puis ça commence à m'énerver un peu. Mais juste un peu.
Puis les semaines passant, les phrases se font encore plus précises. "Mais pourquoi es-tu si négative Live?" "Heu nan je pose juste une question" "Oui mais à chaque fois que tu poses une question c'est pour dire que c'est infaisable. Pourquoi es-tu négative?" Nan mais je pose une question bordel. "Ben je te demande les coordonnées de l'attaché de presse pour faire le sujet que tu me demandes. Je vois pas ce qu'il y a de négatif..." "Mais si tu es négative. C'est dans ta façon de poser la question, je sais pas. T'es négative". Ah. Je tente autre chose alors."Tu me reproches quoi exactement?" "AH! ON Y EST! Tu vois que tu es négative! Tu penses que je te reproche quelque chose et que je t'en veux". "Ben non, mais je voudrais juste..." "Tu l'as dit! Tu penses qu'on te reproche des choses. Je ne te reproche rien mais toi tu penses qu'on t'en veux". Oh putain le dialogue de sourds. Au bout de 20 minutes de cet échange, j'ai perdu patience et j'ai crié. Un peu. Même pas fort. Mais c'est sorti.
Alors le lendemain, y'a eu comme une réunion de crise. Enfin, réunion. Y'avait moi d'un côté de la table et les deux cerbères de l'autre. Et la pièce de théâtre peut commencer. Main sur le coeur et l'autre sur le front, buste en arrière, soupir intense "mais ça me fend le coeur de voir qu'une journaliste refuse de faire un reportage. On croyait en toi pourtant! On sait que tu en es capable. Tu vas voir, c'est le plus bel exercice de ce métier". "Nan mais des reportages j'en ai déjà fait hein, je sais ce que c'est. Juste celui-là, je ne le sens pas". "Ah voilà. Tu es négative". "Nan je ne suis pas négative. Je ne sens pas ce reportage, je ne le fais pas. C'est tout". "Tu es donc en train de nous dire que tu n'es pas capable de le faire, que tu es incompétente". "Non, je dis que je ne le sens pas" "Tu es en train de nous dire que tu n'es pas capable d'être journaliste alors que tu prétends l'être". Heu... Ptain... Je fais quoi là? Je me tais. Live, tais toi. "Et bien avec moi, ça ne se passe pas comme ça. On te demande de faire quelque chose, tu le fais, que ça te plaise ou non. A cause de toi, on est obligé de prendre un pigiste. Tu sais ce que ça coûte? Alors que tu aurais pu le faire toi et je suis sûr que ça t'aurait intéressée". "Ah nan, mais ça ne m'intéresse pas hein, je t'assure". "Tu sais que le pigiste est ravi? Oui. RAVI. Il a sauté de joie parce que le sujet est intéressant". "C'est pas plutôt parce qu'il crève la dalle et qu'il va pouvoir payer une partie de ses courses chez Lidl?" "Ce que tu peux être négative. Je ne peux pas travailler avec des gens comme toi". "Ben vire moi". "Pourquoi nous pousses-tu à une telle extrêmité? Je veux travailler avec toi. Tu es un élément indispensable à cette rédaction. Pourquoi veux-tu nous pousser à prendre des mesures?" "Quelles mesures?" "Mais qu'est-ce que tu cherches exactement? C'est ça que j'aimerais savoir. Pourquoi nous pouses-tu à vouloir te mettre un blâme" "Je ne te pousse à rien du tout. Si tu veux me mettre un blâme, tu m'en mets un. Si tu veux pas, tu m'en mets pas. Moi je demande rien" "Tu vois, tu nous pousses là". "Bon ben vous avez fini?" "Pour cette fois, on ne te mettra pas de blâme parce qu'on ne souhaite pas en arriver là où tu veux qu'on arrive. Seulement, la prochaine fois, tu nous notifieras par écrit que tu refuses de faire tel sujet et nous serons obligés, par ta faute, de prendre les mesures qui s'imposent".
J'ai dit d'accord avec le sourire, pris mes affaires et suis rentrée en pleurant dans le métro. Pas parce que j'ai peur d'un blâme ou d'autres sanctions. C'est bien le genre de trucs dont je me fiche royalement. C'était déjà pareil au lycée et je n'ai pas trop changé de ce point de vue là. J'en avais juste marre. Je n'en pouvais plus. Et c'est là que ça a commencé. Je ne peux plus. Le soir, pas moyen de m'endormir. Le matin, pas moyen de sortir du lit alors que réveillée. Je ressasse la journée de la veille, m'imagine ce que sera celle d'aujourd'hui, me dis que j'aurais du répondre ci au lieu de ça mais alors on m'aurait rétorqué ci et j'en serais arrivée à dire ça et... Ventre noué, gorge serrée, envie de vomir. Poser un pied à terre, fermer les yeux, prendre une douche, un café, un métro, iPod (c'est mon kit de survie), badge à l'entrée, bonjour, ouvrir courrier, mail, facebook, myspace, blogs et recommencer. Mais là je peux plus.
Parce que je commençais à virer parano, parce que je commençais à ne plus penser qu'à ça, parce que j'en ai perdu l'appétit, parce que je devenais parano et infernale dans ma vie personnelle avec des personnes que j'aime bien, il fallait que ça s'arrête. Alors je suis allée voir la médecine du travail. Le vent. C'est un véritable courant d'air ce truc. "Ah ben oui c'est du harcèlement moral. Ben allez voir votre médecin, faites vous prescrire du xanax et revenez bosser demain et les jours d'après". Ah oui mais non. Je n'ai pas envie d'avoir besoin d'une énième drogue pour supporter le boulot. J'en prends déjà assez comme ça pour le fun, faudrait pas que ça rentre dans le domaine du sérieux.
Et c'est là que je me suis mise à réfléchir sérieusement et à savoir ce dont je ne veux plus. Hors de question de me droguer pour aller bosser. En tout cas pour supporter les gens. Les psychotropes pour les trucs fun oui, mais pour supporter les gens, non. Et me voilà un lundi soir, à moitié en pleurs, serrant et desserrant mes mains face à mon médecin qui me suit depuis que j'ai 4 ans. "Bon. Ca suffit. Je t'arrête". Les premiers jours, c'est comme une libération. Puis il y a leurs appels, textos, mail reçu le premier jour de mon arrêt. En substance, ils me disent que comme je suis arrêtée pour une longue période, le journal ne peut pas avancer sans moi, donc il faut que je leur dise ce que j'ai fait comme interviews, celles qui étaient prévues et aussi les brieffer sur un artiste. Oh ben ça m'a stressé, j'ai répondu que j'étais en arrêt maladie. Après, je me suis dit qu'ils auraient mieux fait de m'écouter en réu et j'ai éteint l'ordi. Puis ça va mieux. Puis en fait non, parce qu'arrive un moment où il faut y retourner. Non. Je ne peux pas. Re-arrêt. Et ça recommence à aller bien. Puis il y a un espèce de sentiment de culpabilité qui arrive par moments. Je creuse le trou de la sécu avec ma petite pelle de plage. Je devrais être plus forte que ça et être capable d'y retourner, les affronter. Non. Je ne peux plus. Et aujourd'hui, ça se transforme en je ne veux plus. Trouver autre chose. Personne n'embauche, tout le monde vire. Alors j'écris. Un peu. J'efface. Beaucoup. Je me remets à faire du shopping. Trop. Je sors. Autant que possible. Et je ne vois que des personnes positives qui m'apprécient. Tout le temps.
par live forever publié dans : Live forever
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