Mercredi 22 octobre 2008
Qui dit nouvel album, dit nouvelle tournée, dit Live forever en transit dans l'Eurostar jusqu'en 2009. Avec Dig out your soul, Oasis offre un septième album studio surprenant, touchant, légèrement psyché (autant qu'Oasis peut l'être, en gros, ils ont découvert le sitar, réécouté Sergent Pepper mâtiné de SF Sorrow), et tout ça nous donne un nouveau chef d'oeuvre du groupe (et c'est là où vous vous dites que je ne suis pas objective et vous avec complètement tort). Cet album s'écoute du début à la fin sans interruption. Tout se tient, les enchaînements sont bons, les voix sont bonnes, les textes et mélodies sont quasi parfaites, bémol tout de même pour Falling down en ce qui me concerne, mais il faut bien une pause dans l'absolument sublime, sinon on suffoque.
J'avais hâte d'entendre tout ça sur scène et, surtout, au milieu d'une horde d'anglais suant la bière et jetant des gobelets de pisse frelâtée dans les airs. L'Eurostar est réservé, l'hôtel du côté de Paddington aussi. En route pour la messe. Première bière dans le train pour fêter les retrouvailles avec mon avignonaise préférée. Deuxième pinte au pub avec mon Kikouyou et toute la troupe de fookin lad français. Cinq pintes et une interview par téléphone plus tard (c'est que parfois, je bosse), direction Wembley Arena. Plus jamais je ne me plaindrais de l'heure de pointe du métro français. A Londres, c'est simple, c'est l'horreur, mais il y a quand même les pervers et les roumains en moins. Pendant les dix minutes qui nous séparent de la salle, le seul bruit qu'on entend est "Who needs tickets". Les vendeurs, de tous âges, toutes confessions, toutes couleurs, sont légion. On se croirait un peu au marché ou à la foire. Certains ont la voix éraillée, les autres tiennent le coup, malgré le froid qui commence à se faire sentir. Devant la salle, des anglais dans un état déjà bien avancé, une fontaine très rigolote et la box office devant laquelle une cinquantaine de personnes se pressent.
La première partie est inaudible. Twisted Wheels. Même dans un pub pourri dans un état d'ébriété avancée, ça ne serait pas passé. Une sorte de parodie mal faite des Sex Pistols. Ni fait, ni à faire. Enfin, Oasis. Arrivée sur Fuckin in the bushes, à l'ancienne, Liam, Noel, Andy, Gem et Chris Sharrock (le nouveau batteur qui remplace Zack Starkey) font leur entrée. Le public exulte. A peine le temps de se placer, Sharrock envoie le tempo de Rock'n'roll star. Hystérie. La voix de Liam est puissante, pas du tout fausse, pas de couac, tambourin en main et petite écharpe noire à pois blancs. Noel, Gibson ES-355 rouge en main, n'a pas l'air de souffrir suite à l'agression du connard canadien. Ils sourient, heureux d'être là, déconnent ensemble, discutent avec le public. Sharrock envoie sévère. Il est tout simplement excellent et on se demande bien ce qu'il est allé foutre avec une guimauve comme Robbie Williams dans le temps. Lyla. Ils ont décidé de ne pas faire redescendre la pression. Liam finit avec sa pose fétiche: tambourin entre les dents, il toise le public et les photographes. Noel, Andy et Gem sont face à Sharrock, dos au public. Jay Darlington, alias Jesus, pianote tranquillement. Tout est bon. Liam présente le nouveau single, The shock of the lightning, avec une phrase que je comprends à moitié, comme d'hab, "This is the best of a fookin je sais pas quoi". La voix est là, juste et forte, ce qui est étonnant pour qui a vu la fin de la dernière tournée ou bien sa prestation aux derniers Brit awards. Noel n'hésite plus à chanter (et non plus murmurer) dans le micro lorsqu'il fait les choeurs. Liam, tambourin en main, rend tout le monde complètement fou avec l'arrivée de Cigarettes&alcohol. Le public devient furieux. Les vêtements volent de partout, les pintes (de bière ou de pisse, c'est selon) planent dans les airs, la fosse ne touche plus le sol. Hurlements, cris, 15 000 malades mentaux qui se lâchent, faut le voir. Sharrock est définitivement incroyable à la batterie. Liam, même s'il a perdu son accent mancunien pour le sunshine, est toujours aussi arrogant et sincère sur les paroles. Meaning of soul. Puis extrait du nouvel album. To be where there's life rend plutôt bien en live même si une partie du public part chercher du carburant aux bars adjacents. "Oasis" est scandé ici et là. Noel se gratte la barbe et entame Waiting for the rapture. Putain de bien sur scène. Il n'hésite pas à jouer avec sa voix. Il s'impose définitivement. "This in an old song that people wanna watch on MTV" dit-il. Le concert est retransmis en direct en Angleterre et le 30 octobre en France. The Masterplan. Je n'avais personnellement jamais vu ni entendu une telle interprétation de ce titre (et pourtant, je commence à en avoir vu pas mal). Les poils se hérissent, les larmes sont au bord des yeux. Je ne sais pas si c'est uniquement l'intensité de l'interprétation ou bien la voix du public qui se mèle à celle de Noel qui rend le truc magique, mais en tout cas, ça l'est. Il y a une totale osmose entre la foule et la scène, un partage comme rarement j'ai vu entre un groupe et son public. Liam revient, acclamé. "This one is for my missus". Songbird. Paroles simples et tellement jolies. Une très belle déclaration d'amour. A la Liam. Touchant. Six ans pour l'écrire, heureusement qu'elle est bien. "She's a little pilot in my mind, singin songs of love to pass the time". Envie de dire que c'est choupichat. On continue avec Slide away. Interprétée par Liam. Je maintiens qu'elle correspond mieux à Noel et lorsque Liam la chante, le plus touchant reste la fin du titre, au moment où Noel monte la voix, Liam ne chante plus, et "I don't know, don't care, all I know is you can take me there", maxi tena et serpillères de rigueur. Noel arrive à mélanger la douceur, l'émotion et la vigueur, là où Liam est uniquement en force. Morning glory et son "we don't need a time to wake up" parle à tout le monde. Ain't got nothing et une pinte plus tard, The importance of being idle. Noel en transe. Public conquis. I'm outta time. Déjà, je l'avais adorée sur l'album et là, elle prend quand même toute son ampleur, malgré la voix de Liam qui commence à fatiguer. Ecrite par The Kid, c'est l'une des agréables surprises de ce nouvel album. Wonderwall, l'indétrônable dont tout le monde est un peu gavé mais dont on ne peut se passer (même si j'aurais préféré entendre Live forever, mais bon). Supersonic. Ma première fois en live. Dépucelage. Toute l'essence d'Oasis est là. Et 15 ans après, elle y est toujours. Rappel. Don't look back in anger reste l'hymne oasisien par excellence. Suit Falling down. Mouais. Bon, c'est pas une mauvaise chanson en soi, mais elle ne me transporte pas. Ni sur l'album, ni en live. Champagne supernova et son "where were you while we were getting high" fait toujours son effet. Fin du set avec I'm the walrus. Bonne interprétation de Liam et son inimitable "chum chum chubaaaaaaaaaaaah".
Pour célébrer ces retrouvailles (et parce que la bière ça tient chaud), une fois le concert fini, se jeter dans la fontaine du Wembley Arena était la meilleure chose à faire. Terminer l'hystérie en beauté. Ou bien la continuer.
Le deuxième soir, la setlist n'a pas changé. Liam et Noel avait toujours cette même complicité de la veille qu'on ne leur connaissait plus depuis longtemps. Et toujours ces anglais fous qui n'hésitent pas à nous emporter dans leur grand n'importe quoi. C'est ainsi que je me suis retrouvée à hurler The shock of the lightning devant une moto qui diffusait le titre à fond et une cinquantaine de personnes autour faisant pareil.
J'ai ramené une sinusite, une oreille bouchée et surtout, un excellent séjour, de très bons souvenirs et une très jolie robe, cadeau de mon Kikouyou. Après? Rendez-vous le 10 novembre au Bataclan!

Photos de Miss Emma


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Mardi 2 septembre 2008

De retour de vacances, c'est avec une joie non feinte que je retrouve mon bureau-où on ne me donne toujours rien à faire et on ne me parle que pour m'insulter- mais également over-blog et la joie d'écrire un Sea, sex and sun #3. Ce fut difficile. Les pipoles ont été particulièrement sages pendant leur temps de repos. Ca ne devrait pas durer.  

Les républicains se Britney Spears
John McCain, le candidat républicain à la présidence US, est de ceux pour qui la famille est importante. Il est contre l'avortement. Il dit "bou" au sexe avant le mariage et a lancé dernièrement un "big bou" à Britney Spears dans l'une de ses vidéos de campagne. Ben oui. Britney, toute républicaine qu'elle soit, est une petite pute droguée dépravée écervelée. Et pire que tout, c'est de famille. A 17 ans, sans être mariée, sa petite soeur, Jamie Lynn, a mis bas et, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas la réincarnation de la vierge Marie. John McCain est de ceux qui condamnent ce genre de comportement. Beurk, caca, c'est mal. Le truc drôle c'est que la fille de son atout majeur dans la prise de pouvoir du pays le plus puissant du monde de la terre de l'univers est enceinte, à 17 ans, sans être mariée. Sarah Palin, la maman, gouverneure de l'Alaska (y'a des gens en Alaska???), fervente alliée de tous ces trucs cathos conservateurs bizarres que je ne comprends pas (avorter c'est tuer un humain, faut se marier pour niquer, etc) venait tout juste d'être nommée colistière du futur président du monde. Alors on fait quoi chez les républicains dans ce cas-là? Profil bas, on félicite la future grand-mère et, surtout, on annonce le mariage imminent de la pécheresse. Hier encore, Bristol (c'est le prénom de la dévergondée) était tout ce qu'il y a de plus célibataire. Mouhaha et toutes mes condoléances à l'ado à qui on n'a pas parlé pilule et préservatif (je vous ai dit c'est mal le sexe hors mariage et c'est sale qui plus est).

Cherche ami sympa
Oh qu'il est bon être ami du président français. Des indépendantistes corses organisent une manifestation pacifiste dans votre jardin et ça vous rend chiffon? Pas de problème, SuperNico est là, justicier sans peur et sans reproche! D'un coup de baguette magique, il vire le coordinateur des forces de sécurité du coin. Comment ça c'est pas possible? Demandez à Christian Clavier, fraîchement fait chevalier de la légion d'honneur par SuperNico. Le jardin de sa villa a été investi une heure par les indépendantistes, et paf pastèque, Dominique Rossi est démis de ses fonctions par le chef de l'état français. J'adore! Bon, j'admets, indépendantistes corses, dit comme ça, ça peut faire flipper et faut pas trop les titiller. Il est cool l'homme de petite taille quand même d'avoir sauvé les biens de son copain. C'est ça l'amitié. A ce propos, je cherche par tous les moyens à devenir pote avec Nic. Pour plusieurs raisons, toutes plus louables les unes que les autres. Je cherche un taf dans les médias, je veux payer moins d'impôts, ça me dérangerait pas d'être fait chevalier de la légion d'honneur et moi aussi je veux être conviée aux petites sauteries de M'ame Dati (et qu'on fasse passer mes futures robes Dior en note de frais, ça va de soi).

Fox Mulder n'est pas rusé
Quel est le point commun entre Denise Richards, Catherine Zeta Jones et Tea Leoni? Hé hé hé... Mouhahahaha... Hihihihihi... Elles ont toutes les trois envoyé fissa leur McNulty de mari en cure de désintoxication sexuelle! Hahahahahaha... Ouais, je me marre. Beaucoup. Enormément. Je me roule par terre de rire. Je m'en étouffe presque. Et ces braves gars, respectivement Charlie Sheen, Michael Douglas et, le dernier en date, David Duchovny (plus connu sous le patronyme de Fox Mulder), n'ont pas pipé mot, sont allés en rehab, la tête basse et la queue entre les jambes ou derrière l'oreille. Ca a marché pour deux d'entre eux, Charlie Sheen étant un indécrottable gourgandin. Alors? Qui porte la culotte hein?

Amy Putehouse
Après nous avoir planté comme des merdes sur le domaine de St Cloud avec pour seul réconfort un bar à vin qui servait de la Heineken, Amy Winehouse voudrait qu'on la plaigne. Paraît qu'elle a de "serious brain damages" suite à sa "high" consommation de drogues en tous genres. Ben voyons... Hé ho mémère! Que tu te piques, sniffes, fumes, direct en intraveineuse ou autre, tu montes sur scène et tu n'annules pas comme une grosse pute deux heures avant le show tout ça parce que t'as le cerveau en compote. En plus, tu fous la honte à ce pauvre Valéry Zeitoun qui était trop content d'annoncer dans l'après-midi que tu serais là quoi qu'il arrive. Connasse.

Doherty ne plane pas
Rien ne va plus pour le pauv' choupinouchouchat de Doherty. Il était en retard pour prendre son avion et, grand progrès chez ce garçon, il avait appelé la compagnie pour les prévenir. Las. L'avion a décollé sans lui. En arrivant à l'aéroport, Petounet a découvert que son moyen de transport s'était envolé. Il s'est alors effondré en larmes, roulé par terre, a trépigné, fait "ouin-ouin I want my plane back" mais que nenni, l'injustice étant partout en ce bas monde, l'avion n'a pas fait demi-tour pour venir le chercher. Et pendant ce temps, Carl Barat, qui a paraît-il arrêté l'alcool, aparaissait totalement amaigri sur la scène cascade de Rock en Seine, l'air un peu tristoune, sans doute à cause des mésaventures de son copain. Si c'est pas beau l'amitié...





Last but not least
- Peaches Geldof
a épousé Max Drummey, l'un des membres de Chester French, à Las Vegas début août. Inutile de préciser que papa geldof n'est pas ravi-ravi.
- Le nouveau single promo d'Oasis, The shock of the lightning, est déjà en vente sur ebay alors que la sortie est prévue le 28 septembre. Hé ho les gars du label! Si vous m'aviez envoyé le promo à MOI il ne se serait jamais retrouvé sur ebay. Ah mais.
- The Verve est n°1 des ventes en Angleterre. Richard Ashcroft peut de nouveau payer sa drogue et ses impôts.
- Paraît que Rachida Dati est enceinte. Mais c'est qui le père?
- Live forever cherche du travail pour pouvoir quitter son bagne en toute sérénité. Et ça, c'est important.

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Jeudi 15 novembre 2007
C'est la dernière fois que nous arrivons à Waterloo. C'est très étrange d'avoir un léger pincement au coeur parce que dorénavant on arrivera à St Pancras. Ce n'est qu'un changement mineur et pourtant. Partout des panneaux remerciant les voyageurs d'avoir emprunté ces couloirs et ces allées. Goodbye Waterloo sonne triste malgré la volonté affichée d'avoir l'air joyeux de ce changement. Pas le temps de s'apesentir pour le moment. Quatre jours à Londres pour assister à la reformation de The Verve deux soirs consécutifs. Richard Ashcroft m'avait laissée plus qu'une bonne impression sur scène lorsque je l'avais vu dans cette même ville il y a presque un an. Il devrait en être de même cette fois.
Après avoir gentiment zoné au Notting Hill Arts Club le mercredi soir, ma collègue de grand n'importe quoi albionesque et moi-même étions fin prête pour voir The Verve le jeudi. Un détour au Queen avant le concert, un pub de Primrose Hill, non loin du Roundhouse, et qui servent les meilleurs burgers du monde. L'ambiance est chaleureuse. Avis de tempête dehors alors que nous buvons tranquillement nos pintes. La télé ne marche plus et les locaux tentent de la réparer afin de voir le match du jour. Pas de bol, à part Midsomer murder (Inspecteur Barnaby en France), l'antenne ne capte plus rien. Les feuilles volent dehors. On se croirait au milieu d'une tornade. Résignés, les clients s'installent devant l'Inspecteur Barnaby. Nous aussi. Puis ils tentent quand même de réparer ça. Pour nous, il est temps d'y aller. Le Roundhouse est au bas de la rue. Une pluie fine nous accompagne. Places retirées et nous sommes à l'intérieur. Le groupe arrive sur scène et le public hurle. Richard semble défoncé comme il se doit. Il va même jusqu'à interpréter leur nouveau titre, Sit and wonder, les paroles à la main. Ce passage ressemble plus à une répet en bonne et due forme. Et ça l'est. Même si le bassiste est plus qu'à fond, c'est le deuxième soir que tout a explosé. En effet, jeudi sonnait comme un apéritif, comparé à ce qui nous attendait le lendemain.
Vendredi, nous retournons au Queen pour, une nouvelle fois, goûter au meilleur burger du monde, mais nous arrivons trop tard. La cuisine est fermée. La barmaid nous conseille alors de redescendre vers le métro. Là, nous dit-elle, se trouve un pub qui sert toute la journée. Nous entrons et commandons, buvons une première pinte en attendant le repas. Une fois l'assiette finie, il entre. Je n'ai jamais pu dire son nom. Juste "oh putain". Suivi de "oh putain ces cheveux". Enchainé par "oh putain cette démarche". Conclu par "oh putain c'est lui". Idiote et blonde jusqu'à la pointe de mes cheveux, j'étais retournée à mes bons vieux 14 ans, époque où je rougissais comme une pivoine et où je voulais me cacher six pieds sous terre lorsque j'entrais dans un lieu où je ne connaissais personne (des lieux aussi effrayants qu'une boulangerie ou un bus). Alors j'ai plongé dans ma pinte. Un peu trop peut-être, puisque j'ai enchainé trop de Guinness pour ensuite être capable de quelque chose. Chaque fois que j'allais commander au bar, comme lorsque j'avais 14 ans, c'était pour tenter de voir sans être vue. Raté. Il a tout capté. Et il nous a pas lâché du regard. Il a du se demander pourquoi on ne venait pas. Et voilà comment passer pour une abrutie auprès de la personne qu'on adule depuis ses 14 ans. Ridicule, je sais. Surtout que, comme me l'ont confirmé certains "c'est con, c'est un bon gars". Il ne nous aurait donc pas mangé. En revanche, pour sympathiser avec tous les buddies qui nous entouraient et nous proposaient des pintes à ne plus savoir qu'en faire, il n'y a eu aucun problème. Allez comprendre...
Roundhouse acte II. Nous voici de nouveau dans cette salle. L'impression que tout le pub est là. Sauf Lui, bien sûr, qui ne va certainement pas se mélanger à la fosse. Un de nos nouveaux meilleurs potes de pub est contre la barrière et nous dit de nous installer là. On ne se fait pas prier.
Cette fois, l'entrée du groupe est franche et volontaire. Beaucoup plus que la veille. Richard, vêtu d'une veste en cuir noire, arrive devant son public les bras en l'air. Nick McCab, le guitariste, a l'air toujours aussi placide que la veille. Quant à Jones, le bassiste, il est toujours aussi taré (je veux le nom de sa drogue, ça a l'air d'être un truc de fou). Le batteur, comme dans tous les groupes, n'est pas spécialement visible derrière son instrument. Le gig commence par A new decade. Le public est passablement hystérique. Nous abandonnons notre buddy de pub pour nous rapprocher encore plus du centre de la scène. This is music fait monter la folie un cran au-dessus. Les vigiles ont l'air plutôt hilares de nous voir aussi survoltés. Gravity Grave et Weeping Willow donnent encore plus d'énergie. Jones est maintenant devenu complètement fou. Il saute partout, chante, joue avec le public, fait n'importe quoi. Richard continue de maîtriser sa voix comme toujours. Il peut vraiment en faire ce qu'il veut, peu importe l'état dans lequel il se trouve. Sa voix fait passer un nombre incroyable d'émotions tortueuses et intenses. Life is an ocean et Sonnet ne font que le confirmer. Sit and wonder, leur nouveau titre sonne bien. Et cette fois, pas question d'avoir les paroles en main. Ovation. Le bassiste semble complètement péter un câble. Il est encore plus hystérique que nous. Quant à Richard, il est dans son trip. Chacune de ses interprétations semble lui arracher quelque chose au plus profond de lui et il nous l'offre. Jouissance. Already there, Man called sun, Stormy cloud, The rolling people suivent. Un des vigiles, toujours hilares d'être là, se prend une pinte en pleine tête. Il rigole de plus belle. Je ne sais pas ce qu'il a pris lui aussi, mais ça a l'air fun. The drugs don't work. Monumental. Jones n'est plus du tout sautillant. Il est concentré. Richard est totalement dans son titre. Intense. A peine remis, les violons arrivent. Richard se recule et regarde le ciel. Bittersweet symphony leur colle tellement à la peau qu'Ashcroft semble complètement noyé par l'ampleur de ce succès. Il avance pas à pas, comme s'il avait peur de s'emparer de nouveau de ce succès, ferme les yeux et chante. Il se réapproprie sa chanson. Elle ne l'écrase plus. Il la porte. Absolument pas épuisé, il enchaîne avec Northern soul. "And now History". Tout simplement grandiose. Lucky man continue à nous porter encore plus loin. Le gig s'achève avec Come on. Jones est de nouveau complètement tout fou. Ashcroft semble apaisé. Il peut être fier. C'est l'un des meilleurs concerts que j'ai vu. A croire que c'est lorsque l'on n'a plus rien à perdre que la magie opère.


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Mardi 5 juin 2007
Pour son passage à Paris, Marylin Manson avait élu domicile à l'hôtel de Sers, dans le 8e arrondissement. Première étape avant de rencontrer The God of fuck, l'écoute de son tout nouvel opus, « Eat me, drink me ». Les titres s'enchaînent et la première impression qui se dégage est la tristesse et la renaissance. La rage a fait place à la douleur, ce qui peut décevoir les fans purs et durs. Un album introspectif pour les uns ou chiant pour les autres.
Changement de décors. Manson est là, affalé sur le canapé. Les volets sont fermés et la température ne doit pas dépasser les 14° dans cette pièce. Son maquillage est parfait. Dès la première question, il va au coeur de son oeuvre. « Cet album est arrivé à une période particulière dans ma vie. Tout s'est vraiment mis en place en octobre dernier et s’est concrétisé en janvier. Cet album parle de moi et d’une transition dans ma vie. » Personne ne l'interrompt. Va-t-il directement parler de Dita? « Les choses s’effondraient dans ma vie. J’ai pris tout cela et l’ai mis dans mon album. C’est en quelque sorte comme si je renaissais de mes cendres. Il y a beaucoup de romance dans l’album, d’instants qui se meurent et d'autres qui renaissent.  La première chanson est née quand j’ai rencontré Evan Rachel Wood, mon actuelle petite-amie. Elle était avec moi quand tout s’effondrait».
Qu'il parle aussi ouvertement de son ancienne relation est assez étrange et inhabituelle. Cependant, il ne semble pas vouloir aborder un autre sujet pour l'instant. «L’année dernière, je ne savais plus qui j’étais. Dans mon mariage, je me sentais coupable d’être moi-même. Quand vous ne pouvez plus travailler comme vous le voulez parce que la personne avec qui vous êtes est triste que vous ne soyez pas à ses côtés plus souvent et qu'elle réclame plus d'attention, vous commencez à faire des concessions. Et c’est à cet instant que j’ai commencé à perdre mon identité. Quand j’ai rencontré mon actuelle petite-amie, ce fut un changement radical. Elle est mon âme sœur, nous sommes comme des jumeaux».
Le choix du titre de son album n'est pas anodin non plus. Référence évidente à l'ouvrage de Lewis Carroll dont il se sent très proche et qu'il a lu pendant l'écriture des textes, l'amour et la sexualité sont liés. «Je pense que vouloir manger et boire quelqu’un sont les gestes les plus romantiques que vous pouvez donner. Il y a aussi la symbolique du Christ et toutes les histoires de vampires également. C’est une métaphore sexuelle pour dire que vous vous donnez corps et âme à quelqu’un». Il évoque également Lolita, le film de Kubrick, qui l'a beaucoup inspiré. Calme et posé, Manson déballe sa vie comme s'il était au confessionnal. «Je suis en colère contre moi car j’ai perdu ma personnalité à un moment de ma vie. Je n’ai pas l’habitude d’être quelqu’un de tourmenté». Malgré tout, Manson n'a pas fourni un album dépressif. «L’album est plein d’espoir en effet tout en étant triste. Ca représente assez bien la dualité de ma personnalité. Il y a moi en tant que symbole et moi en tant qu’être humain. Et sur cet album, vous pouvez voir les deux.»
Cet album, réalisé en étroite collaboration avec Tim Skold, qui l'accompagnera à la guitare sur la tournée, est définitivement le plus personnel de l'artiste. Côté expérimentation, Manson a changé quelque peu sa façon d'enregistrer ses titres. «De nombreuses voix sur cet album sont la toute première prise que j'ai faite. C’est la première fois que je travaille de cette façon». Quant à son show, il débutera par le lever de la lune et c'est le premier titre présent sur son album qui ouvrira son spectacle. «Je trouve que c'est un titre fort et puissant. De la même façon que j'ai voulu qu'il ouvre l'album, je souhaite faire la même chose sur scène».
Concernant son film, Phantasmagoria, il en dit un peu plus. «Rien n’a été filmé pour l’instant car je préparais mon album. Ce sera un film d’horreur avec une grande part de psychologie. Je jouerai dedans. Ce projet est important pour moi et je veux avoir un œil sur tout. Il m'est très difficile de laisser aux autres la possibilité de faire des choses. Pourtant j’essaye de travailler avec d’autres personnes. Le tournage devrait débuter en octobre 2007. Et je m'occuperai de la BO».
Puis il reparle de l'année qui vient de s'écouler. «J'ai fait sûrement quelques erreurs. Je ne veux pas toujours être le personnage célèbre. J'ai dit dans le passé que l'artiste ne sera jamais plus important que l'art lui-même. J'étais en train de devenir une célébrité, à travers mon mariage, et je ne veux pas de cela. Je suis revenu à ce que je suis, c'est-à-dire un artiste, exactement ce que je dois être».
L'image “http://cat1.cowblog.fr/1646232.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.http://www.lahiguera.net/musicalia/artistas/marilyn_manson/fotos/1720/marilyn_manson.jpg
Messe à Bercy ce soir à 20h
par live forever publié dans : Rock&roll star
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Mercredi 30 mai 2007

Une veste noire sur une chemise blanche d'homme moitié entrée dans le jean, moitié sortie, cheveux libres et sourire d'enfant. Patti Smith a décidé, pour le deuxième soir de suite, d'enflammer Paris. Elle s'approche du micro nous offre sa voix, toujours aussi puissante et juste, teintée de cette liberté qui transporte. And the people have the power to redeem this work of fools among the meek the graces shower it's decreed the people rule. People have the power est le premier titre de son set. Puissant, il a une résonnance particulière pour son public français, tout juste trois semaines après l'accession au trône de Naboléon. I was dreaming, in my dreaming of an aspect bright and fair, and my sleeping it was broken by my dream it lingered near. Ce titre semble avoir été écrit il y a quelques jours à peine tellement il est en phase avec l'actualité du moment. Accompagnée par son complice de toujours Lenny Kaye, Jaye Dee Daugherty à la batterie, Tony Shanahan à la basse et son fils Jackson à la deuxième guitare, Patti enchaîne avec Free Money et Because the night. Puis elle reprend Gimme shelter. Lorsque les premiers accords du titre des Rolling Stones retentit dans la salle, la foule s'enflamme de plus belle. Patti est égale à elle-même, toujours assi vraie et aussi libre. Ce qui fascine, c'est la façon dont elle s'approprie chaque titre. Elle semble vivre pleinement chaque chanson, comme si le morceau qu'elle interprète est le dernier.
"Il y a quarante ans sortait l'un des plus grands albums de tous les temps, Sergeant Pepper's. Je me souviens que ce jour-là, aux Etats-Unis, une radio avait prévu de le diffuser à minuit pile. J'étais devant mon poste, comme tout le monde à cet instant. A ce moment précis, tout le monde faisait la même chose, tout le monde attendait la même chose, tout le monde était en phase. Pour cet anniversaire, j'ai choisi de vous chanter ce titre de George Harrisson". Within you without you commence et Patti se l'approprie une fois encore. Ovation du public. White rabbit, Soul Kitchen, Smells like teen spirit, Gloria... L'interprétation est parfaite et on se demande comment chaque titre peut être aussi puissant. Puis elle laisse le micro à Lenny. Sur le côté gauche de la scène, elle regarde son complice, puis le public, fait des signes aux uns et aux autres, puis s'approche du micro pour devenir sa choriste. Puis elle danse sur les riffs de Lenny. Magique.
Just a perfect day drink Sangria in the park. La sincérité de sa voix donne des frissons. Elle donne tout de façon tellement naturelle. it's such a perfect day I'm glad I spend it with you Oh, such a perfect day You just keep me hanging on. Le public exulte. Le balcon de l'Olympia est debout, les compliments pleuvent. Elle est en totale osmose avec chacun. Qu'un artiste offre autant d'émotion sincère est rare. Tandis que ceux de sa génération se réunissent aujourd'hui pour payer les arriérés d'impôts et les différentes pensions alimentaires avec des tournées géantes dont la place est hors de prix, Patti reste la même, toujours en désaccord avec ceux qui nous dirigent pour mieux satisfaire leur insatiable faim de pouvoir et d'argent au détriment de l'être humain. Baby was a black sheep. Baby was a whore. Baby got big and baby get bigger. Baby get something. Baby get more. Baby, baby, baby was a rock-and-roll nigger. Elle ne semble pas vouloir quitter la scène et fait durer ce titre. Jimi Hendrix was a nigger. Jesus Christ and Grandma, too. Jackson Pollock was a nigger. Nigger, nigger, nigger, nigger, nigger, nigger, nigger. On ne veut pas non plus la laisser partir. "Now we are the mass minority and we have the power to take the streets" hurle-t-elle pleine de rage et de conviction dans son micro. Cris de joie, applaudissements continus. Outside of society, they're waiting for me. Outside of society, if you're looking, that's where you'll find me. Ca sonne tellement juste...
En quittant la salle, le mot qui revient le plus souvent dans les discussions des uns et des autres sur le boulevard des Capucines est libre. Poète, anticonformiste, bête de scène, Patti Smith est avant tout un être libre.

par live forever publié dans : Rock&roll star
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