Need a little time to wake up! What's the story, morning glory! 
C'est arrivé. Un coup de grâce après plusieurs mois de flottement. Une sorte de long cauchemar flou qui prend enfin forme. Pourtant, je n'étais vraiment pas pressée de voir ça en couleurs.
C'était pas si mal quand tout était encore tout flou, que les contours n'avaient pas encore leurs formes réelles et concrètes. Je savais que ça allait arriver, mais tant que je pouvais garder
l'écran de fumée devant mes yeux, ça me convenait parfaitement. Quand on ne voit pas, quand on ne sait pas, on vit les choses très bien. Enfin à peu près. C'est comme lorsque j'oublie
de mettre mes lunettes de vue. D'un coup, le monde paraît formidable. Je ne vois plus ni les moches, ni ceux qui font la gueule, ni ceux qui sont moches font la gueule et matent mon cul. Certes,
parfois, je me prends un poteau ou je rate un trottoir, mais rien de bien grave comparé au fait que beaucoup de choses ne m'atteignent plus parce que je ne les vois plus. Hier, j'ai été
contrainte et forcée de remettre mes lunettes sur le bout de mon nez et subir sans rien dire ce que je voyais et entendais.
Depuis quelques mois, je cherche plus ou moins à quitter le lieu où je passe 8 heures par jour pour trouver un autre nid où buller 8 heures par jour, allant de facebook en myspace. Chercher
comme-ci comme-ça, sans vraiment me presser parce qu'après tout, j'ai le temps, le brouillard est là et n'est pas prêt de se lever. Il n'y a aucun avis de tempête. Ca ne risque pas de se
lever maintenant. Impossible.
C'était sans compter la grande rafale qui s'est abattue hier. L'assistante est devenue rédac chef adjointe. Si si. C'est possible. Comme Sarko l'a dit, tout devient possible. Et même les pros du
vernis peuvent, du jour au lendemain, décider de ce qui va se trouver dans le chemin de fer, corriger mes articles, commenter à voix haute et rire de ma prose dans l'openspace et m'envoyer sur
telle ou telle interview (après m'avoir demandé les coordonnées de l'attaché de presse parce qu'elle ne les a pas. Concept). Et puis, alors que je suis en face, assise à mon bureau, on dit
"elle". J'ai toujours aimé ça. Notre stagiaire a de nouveau été envoyée sur une interview que j'étais sensée faire. Ceci dit, ça me fait du travail en moins et c'est tant mieux pour la stagiaire
qui, pour une fois, fera autre chose que les envois de courriers comme ses prédécesseurs. Donc, comment est-ce possible que l'assistante, qui passe sa journée à se limer, poncer, nourrir, vernir
les ongles puis, pendant son temps libre, aller au tennis et, quand il lui reste encore un peu de temps, donner la liste de courses à son mec, donc comment est-ce possible qu'elle devienne rédac
chef adjointe? Simple. On a changé son statut, donné une carte de presse et monte là-dessus tu verras Saint Pierre.
Moi, je ne suis montée sur rien du tout, du coup j'ai pas vu Saint Pierre. Mais ça serait quand même bien si de là où je suis, Sainte Rita pouvait pointer le bout d'un orteille, parce que je
désespère. Seulement Sainte Rita ne vient pas. Force est de constater que j'ai accéléré le nombre de coups de fil "Bonjour, c'est Live! Ca va? Moi ce que je deviens? Et bien justement, je cherche
à évoluer professionnellement blablablabla (oui ma mère a dit "on ne dit pas "je veux me casser de là fissa c'est tous des enculés de batards de leurs mères les putes" mais "je cherche à évoluer
professionnellement c'est pour cela que je me permets de faire appel à toi qui dirige un journal digne de ce nom qui me permettrait d'approfondir mes connaissances et auquel je peux apporter
mon savoir-faire" c'est plus long à dire mais bon...)" Et la réponse varie souvent dans sa forme mais pas du tout dans le fond. IL N'Y A RIEN NULLE PART. NADA. RIEN. TAMERELAPUTESARACE. Pourtant,
il faut que je parte d'ici. Mais vraiment. Et rapidement. C'est amusant de régresser en retournant à l'école pour se faire corriger à voix haute et au stylo rouge sa copie, mais moi, à l'école,
on m'envoyait plus souvent au coin (à cause de mon comportement qui, dixit la maîtresse, perturbait l'ensemble de la classe) et je n'avais que très rarement des bons points et je n'ai jamais
réussi à acquérir 10 bons points qui m'auraient, de fait, donné droit à une image. En même temps, les images, je ne les trouvais pas belles. Donc je m'en foutais.
L'idéal serait de me faire virer. Alors j'ai pensé faire une faute grave, genre insulter tout le monde (facile), jeter un ordinateur par la fenêtre (en mode Liam qui balance les chambres d'hôtel)
ou bien faire comme dans la pub pour le Loto, déguisée en poussin, et foutant le bordel dans le bureau du grand manitou. Sauf que ma mère (oui, encore elle) m'a dit qu'on ne touche pas les
assedic lorsqu'on est viré pour faute grave. Et comme je n'ai pas, à l'instar du poussin, gagné à euromillion, je ne peux pas me permettre de partir sans rien. Alors j'attends. Le cul à moitié
dans le passage (ouais, c'est la place qu'on m'a attribuée, juste derrière l'imprimante. Remarquez, c'est mieux qu'il y a 6 mois. J'avais le frigo dans le dos et on pensait que j'étais dame
pipi). Et j'attends quoi? Sainte Rita.
Le licenciement pour faute grave ou lourde, c'est jamais bon.
Je reste à mon idée de dépréssion, c'est malheureux mais
c'est la maladie professionnelle la plus fréquente donc la plus plausible,surtout dans un secteur qui connait la crise.
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Demande un rendez-vous en RH et tu négocies genre : Vous voulez plus de moi , moi je ne peux plus rester ici... Tu démissiones pas et ils te licencient .... Sinon tu te mets en maladie pour depression, tu laisses courir un moment et tu négocies une seconde fois !