Mercredi 7 mai 2008
En me réveillant ce matin, j'avais envie de m'ennivrer. Boire jusqu'à plus soif. Et puis danser jusqu'à l'étourdissement. Pour oublier. Ne plus penser. Faire du bootylicious alcoolisé ma religion pour oublier le monde qui m'entoure. Trois jours que je suis de nouveau in da place. C'est tellement bon de les retrouver que, ce matin, j'en ai pleuré dans le métro. Il fait beau, j'ai mis les gambettes à l'air dans ma petite robe qui m'a coûté un rein et demi. J'ai un maquillage parfait, parce qu'ils n'aiment pas que j'arrive en robe, les jambes à l'air et le maquillage parfait. C'est tellement mieux quand je ressemble à une pauvresse roumaine qui fait la manche dans le métro (l'odeur en moins, je rassure tout le monde). Je me sentais forte, mon sac à main calé sous le bras et mon dossier entre les mains. L'iPod hurlait dans mes oreilles Alright de Cast. Et puis là, patatras. Assise sur un strapontin, rien ne va plus. Les larmes. Dans le métro, comme ça, à 10h (oui je sais les horaires tout ça, mais déjà je suis en route hein), paf je me mets à pleurer tellement je suis heureuse d'aller bosser, heureuse d'aller m'épanouir dans cet open space si accueillant et chaleureux. Heureuse de travailler plus pour gagner rien. Alors m'est venue l'idée qu'une pinte là tout de suite ça serait putain de bien. Déjà hier j'avais envie de boire à 15h. Puis avant hier à 18h. Aujourd'hui c'est 10h. Après tout, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt hein. J'ai la gorge serrée et mal au ventre. Les gens me regardent. Même pas de pitié. On dirait qu'ils comprennent. Remarquez que les gens dans le métro le matin n'ont pas l'air ravi d'aller bosser et le soir ils semblent angoisser du lendemain à venir. Il n'y a bien que les veilles de jour férié et le vendredi que les gens ont le sourire dans cette putain de vie sous la ville.
La musique m'emmerde alors je zappe. Envie de rien. Même pas envie de faire le chemin inverse là tout de suite. Les stations défilent, changement de ligne, nouvelles stations, les mêmes têtes blasées que je croise tous les matins. Les gens ont quand même l'air d'en avoir pris un sacré coup en deux mois. Vieux et fatigués. Ils semblent tous écrasés par un poids trop lourd à porter. Et moi qui pleure toujours. Et même pas moyen de dire pourquoi. Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'aller bosser. J'ai juste pas envie tout court. Je ne veux pas voir leurs gueules ni leurs sourires hypocrites qu'ils envoient pour mieux me planter le couteau dans le dos. Le nouveau boss me fait définitivement penser à Kaa dans le Livre de la jungle. Fais moi confiance que je te mange. Les larmes ont séché. Le maquillage a disparu. Ray ban sur le nez, je passe le badge. Soupir. Ascenseur. Soupir. Mon étage. Le type qu'ils ont installé juste en face de l'ascenseur est un connard fini et, le plus marrant, c'est qu'il a une affiche sur laquelle il y a écrit "IMBÉCILE" juste derrière lui au niveau de sa tête. Il a l'air de bien le prendre. Tant mieux pour lui. En ce qui me concerne, à chaque fois que je regarde dans sa direction, je ne peux m'empêcher de me dire "ptain c'est vrai... Quel imbécile". En plus, pas de bol pour lui, il a la tête qui va avec. Oui, c'est méchant de se moquer du physique des gens, mais en même temps, il a ce physique-là, je n'y peux rien. Je constate.
Et je retrouve mon open space. La pute n°1, la pute n°2, la pute n°3, l'enculé, le connard, le vicieux et la truie anorexique (remarquez que les mecs sont beaucoup plus originaux que les filles, ils varient). Minée. Faut que j'écrive ce putain d'article qui n'a rien à voir avec la ligne éditoriale du journal et encore moins avec notre lectorat. Tant pis. Je ferme ma gueule et je pisse ma copie. Puis je pars. Rendez-vous chez le médecin pendant ma pause déjeuner puis après écoute d'album et interview. Ah ben oui. La stagiaire et ma remplaçante (qui me remplace toujours même si je suis revenue, notez le concept) n'étaient pas disponibles pour y aller, alors, bon, on m'a demandé d'y aller. Pas convaincus les boss hein de m'y envoyer. La nouvelle rédac chef adjointe qui s'est même proposée de m'écrire mes questions. Faut dire que j'ai été malade longtemps, c'est gentil de sa part de vouloir me faire reprendre le taf en douceur. Et là, ça monte. Mais alors d'une force. Envie de tout casser. Mais pas comme avant. Pas physiquement. Je veux les niquer à leur propre piège. Je veux qu'ils crèvent intellectuellement. Je veux me venger. Je veux qu'ils payent et qu'ils en arrivent à me supplier d'arrêter. Sauf que je n'arrêterai pas, je continuerai, en pire. Comme eux.
J'ai donc regardé une dernière fois autour de moi en prenant mon sac. Un mépris teinté de rage pour tout ce que je vois. Je souris. Ils vont payer. I'm tired and I'm sick I’m gonna shoot ‘em all impose Liam sur une démo. I wanna live a dream in my record machine chante Noel sur une autre. Il ne m'en fallait pas plus. Pieds à 10h10, menton relevé, Ray ban sur le nez, le fookin lad est réveillé. Ils vont regretter le jour où ils ont décidé de me faire chier.
par live forever publié dans : Live forever
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Jeudi 3 avril 2008
Première fois dans ma vie que je dis "je ne peux plus". Ben oui. Fallait que ça arrive. Après 10 ans de bons et loyaux services rendus, coups bas évités, tensions désamorcées et autres gentillesses trash que seule cette profession peut apporter, j'ai dit stop. Trois semaines maintenant que je suis allée voir mon médecin pour lui dire "je ne peux plus, fini, stop, terminé, je rends mon torchon et veux plus qu'on m'embête". L'impression d'avoir légèrement régressé quand même et d'être la petite fille qui dit "je veux pas y aller" parce que "le vilain garçon de la classe des grands il fait que de me tirer les couettes et de m'embêter". En même temps, je n'aime pas qu'on me touche les cheveux et si j'y étais allée un jour de plus, c'est à un Liam très énervé qu'ils auraient eu à faire. J'avais déjà commencé à me révolter. Un peu. Il paraît que je suis spontanée et impulsive. Oui ben on m'y pousse gentiement mais sûrement aussi à l'impulsivité. Du coup c'est sorti. "Je ne suis pas payée pour t'aimer et encore moins être aimée. Mon taf c'est d'interviewer les gens pas de te dire merci quand tu veux m'envoyer sur un sujet de merde comme celui-là. De toute façon, j'irai pas et c'est comme ça. Si t'es pas content, trouve quelqu'un d'autre pour me remplacer parce que je ne me forcerai jamais à faire quelque chose que 1) j'ai pas envie de faire et 2) que je trouve complètement hors sujet rapport à la ligne éditoriale du journal pour lequel je bosse. De plus, si ce que je te dis ne te plaît pas, sache que je ne suis pas payée pour penser donc évite de me demander mon avis si ce dernier ne te convient pas. Et pour finir, arrête de vouloir penser à ma place et faire passer pour des vérités ce que tu veux faire croire que je pense à tout le monde parce que ça commence à sérieusement me saouler. De plus, un bon manageur est celui qui sait qui envoyer sur tel ou tel sujet suivant ses affinités et ce n'est pas ton cas". Bon. Forcément, c'est pas passé. Alors on m'a menacé de blâme si je refusais encore de faire un sujet, mais que, grand seigneur, pour cette fois, ça passait.
Faut voir le sujet aussi. En plus d'être, selon moi, hors cadre avec la ligne éditoriale du support pour lequel je bosse, il était question de me mettre en scène. Oui oui. Moi, en photo, dans le mag, dansant la tecktonik au Metropolis. Et tu veux pas que je te torche le cul aussi tant qu'on y est? Et pourquoi pas faire des affiches 4X3 aussi dans tout Paris? Un blâme donc. On est à l'école là. Déjà que la maîtresse, heu pardon la SR, corrigeait mes articles à voix haute, commentaires appuyés et rires gras de rigueur... Manquait plus que ça. Peut-être qu'on va me demander de passer en conseil de discipline aussi un de ces jours. Ou bien de me mettre une plume dans le cul voir ce que ça fait.
Mais il y a un avant le conseil de discipline. Parce que pour y arriver, il faut avoir fait des trucs genre graves. Mais un employé, c'est pénible, ça marche jamais droit comme le patron veut. Alors on tente de le pousser dans la bonne direction. Ca commence par des petites phrases toutes bêtes. "Ah ben oui on a envoyé la stagiaire faire cette interview. Mais tu sais, si tu n'avais pas posé un RTT ce jour-là, c'est toi qu'on aurait envoyée. Bon ben du coup, on passera ton sujet plus tard, hein, dans un autre numéro. Si c'est toujours d'actualité bien sûr. C'est quand même bête d'avoir posé un RTT comme ça. Sérieux, hein, si t'avais pas été en congé, on t'y aurais envoyée. Puis du coup, t'as écrit pour rien quand même. Ca m'embête un peu mais bon... On n'a pas le choix!"
Il y a aussi le concept de me parler pile au moment où je mets les écouteurs de mon iPod dans mes petites oreilles. Faut comprendre que l'openspace n'est pas spécialement idéal pour écrire (ni pour rien d'ailleurs), alors j'écoute mon iPod. Forcément, l'employeur prend ça pour de l'autisme ou une révolte muette anarchiste sans fondement, bref pour un truc négatif. En même temps, moi je veux bien mettre la musique fort dans cet espace réduit où on nous a entassé à 25, mais je suis face à des gens qui pensent que Fuck forever est une insulte, alors bon, disons que j'évite. Et donc ça donne. "Tu sais Live, t'es journaliste quand même. Ca veut dire qu'il faut t'ouvrir aux gens, leur parler. Il va falloir que tu fasses un effort, mais je suis sûr que tu peux y arriver. Il faut juste que tu y mettes de la bonne volonté". Je dis "oui oui" et je remets mes écouteurs. Puis je vois qu'on continue à me parler. "Oui?" Soupirs appuyés de l'interlocuteur "Oui je sais, j'écoute de la musique quand j'écris mes articles et tu essayes de me parler, mais faut vraiment que j'écrive quand même si tu veux avoir l'article à l'heure" "Oui mais je te parle là". Ah ben parle. Donc mon autisme, ma non volonté de vouloir me mêler aux gens. "Il ne faut pas que tu ais peur Live tu sais. On ne te veut pas de mal. Pourquoi as-tu peur comme ça?" Ah mais j'ai pas peur. Je cherche juste un peu d'oxygène pour écrire ce putain d'article sur Britney là. "Mais si, on voit bien que tu n'es pas à l'aise. Pourquoi tu crois qu'on t'en veut comme ça? Ca me désole un peu..." Ah ben si ça te désole alors... Faudrait peut-être que je m'excuse. En fait non. Ca lui passera bien un jour sa parano sur ce que je pense ou non. D'ailleurs je ne pense pas. De toute façon, pour écrire sur Britney, faut pas penser, ça sert à rien. Moi, je suis juste là pour pisser de la copie qui fait vendre et c'est ce que je fais et jusqu'à présent c'était considéré comme bien. Mais faut croire que c'est pas assez.
Autre journée, même ambiance. Cette fois, c'est la SR qui s'y met. "Travailler avec des cons". Ah ben voilà un livre intéressant. Sauf qu'elle le lit à voix haute, rit grassement (oui, c'est une de ses spécialités, avec sa classe innée aussi surtout lorsqu'elle mache son chewing gum et qu'on l'entend jusqu' au dernier étage, dents qui grincent de rigueur), puis pointe du doigt les gens (l'avantage de l'openspace, c'est la transparence, maintenant je sais à quoi ça sert ce concept) et, comme si on était vraiment débiles, commente d'un "ah ben ça me rappelle quelqu'un". J'adore. Tellement que je rebranche l'iPod tiens. Un petit Killing in the name et ça va mieux. De toute façon, c'est ça ou je tue quelqu'un. Puis ils ont nommé l'une des pros de la manucure "ma supérieure hiérarchique à moi que j'ai". "Maintenant, c'est à elle que tu t'adresses. Ca veut dire que les choses changent, qu'il y a une hiérarchie qui s'est installée et qu'il va falloir que tu la respectes". Heureusement que je n'avais rien dit avant qu'on me sorte ça sinon, qu'est-ce que ça aurait été...
Puis il y a les réunions. Une par semaine pour un bimestriel, je trouve ça marrant, mais bon. Et pendant les réunions, je peux me foutre à poil que personne le remarque. C'est comme s'il n'y a pas de son quand je parle. Tout le monde donne son avis, ses interviews en cours ou à faire, puis moi, ah ben je suis pas là. "Bon ben la réunion est terminée. Ah non. Pardon. Live? T'avais des trucs à dire?" "Ben oui" "Ah mais c'est que là on n'a plus le temps, j'ai un rendez-vous. On s'en reparle plus tard?" Ah ben bon ben d'accord hein. Même la stagiaire a eu la parole quand même... Sinon, plus facile, les réus se font quand je ne suis pas là. "Ah ben oui on a fait une réu, mais t'étais en interview... C'est bête... Ben non on ne pouvait pas t'attendre, fallait qu'on la fasse à 9h30 la réu et t'étais en interview hein. Mais si tu as des idées hein, t'hésite pas à venir me voir, mais plus tard parce que là j'ai des trucs à faire". Facebook. Myspace. Mail. iPod. Blasée je suis. Puis ça commence à m'énerver un peu. Mais juste un peu.
Puis les semaines passant, les phrases se font encore plus précises. "Mais pourquoi es-tu si négative Live?" "Heu nan je pose juste une question" "Oui mais à chaque fois que tu poses une question c'est pour dire que c'est infaisable. Pourquoi es-tu négative?" Nan mais je pose une question bordel. "Ben je te demande les coordonnées de l'attaché de presse pour faire le sujet que tu me demandes. Je vois pas ce qu'il y a de négatif..." "Mais si tu es négative. C'est dans ta façon de poser la question, je sais pas. T'es négative". Ah. Je tente autre chose alors."Tu me reproches quoi exactement?" "AH! ON Y EST! Tu vois que tu es négative! Tu penses que je te reproche quelque chose et que je t'en veux". "Ben non, mais je voudrais juste..." "Tu l'as dit! Tu penses qu'on te reproche des choses. Je ne te reproche rien mais toi tu penses qu'on t'en veux". Oh putain le dialogue de sourds. Au bout de 20 minutes de cet échange, j'ai perdu patience et j'ai crié. Un peu. Même pas fort. Mais c'est sorti.
Alors le lendemain, y'a eu comme une réunion de crise. Enfin, réunion. Y'avait moi d'un côté de la table et les deux cerbères de l'autre. Et la pièce de théâtre peut commencer. Main sur le coeur et l'autre sur le front, buste en arrière, soupir intense "mais ça me fend le coeur de voir qu'une journaliste refuse de faire un reportage. On croyait en toi pourtant! On sait que tu en es capable. Tu vas voir, c'est le plus bel exercice de ce métier". "Nan mais des reportages j'en ai déjà fait hein, je sais ce que c'est. Juste celui-là, je ne le sens pas". "Ah voilà. Tu es négative". "Nan je ne suis pas négative. Je ne sens pas ce reportage, je ne le fais pas. C'est tout". "Tu es donc en train de nous dire que tu n'es pas capable de le faire, que tu es incompétente". "Non, je dis que je ne le sens pas" "Tu es en train de nous dire que tu n'es pas capable d'être journaliste alors que tu prétends l'être". Heu... Ptain... Je fais quoi là? Je me tais. Live, tais toi. "Et bien avec moi, ça ne se passe pas comme ça. On te demande de faire quelque chose, tu le fais, que ça te plaise ou non. A cause de toi, on est obligé de prendre un pigiste. Tu sais ce que ça coûte? Alors que tu aurais pu le faire toi et je suis sûr que ça t'aurait intéressée". "Ah nan, mais ça ne m'intéresse pas hein, je t'assure". "Tu sais que le pigiste est ravi? Oui. RAVI. Il a sauté de joie parce que le sujet est intéressant". "C'est pas plutôt parce qu'il crève la dalle et qu'il va pouvoir payer une partie de ses courses chez Lidl?" "Ce que tu peux être négative. Je ne peux pas travailler avec des gens comme toi". "Ben vire moi". "Pourquoi nous pousses-tu à une telle extrêmité? Je veux travailler avec toi. Tu es un élément indispensable à cette rédaction. Pourquoi veux-tu nous pousser à prendre des mesures?" "Quelles mesures?" "Mais qu'est-ce que tu cherches exactement? C'est ça que j'aimerais savoir. Pourquoi nous pouses-tu à vouloir te mettre un blâme" "Je ne te pousse à rien du tout. Si tu veux me mettre un blâme, tu m'en mets un. Si tu veux pas, tu m'en mets pas. Moi je demande rien" "Tu vois, tu nous pousses là". "Bon ben vous avez fini?" "Pour cette fois, on ne te mettra pas de blâme parce qu'on ne souhaite pas en arriver là où tu veux qu'on arrive. Seulement, la prochaine fois, tu nous notifieras par écrit que tu refuses de faire tel sujet et nous serons obligés, par ta faute, de prendre les mesures qui s'imposent".
J'ai dit d'accord avec le sourire, pris mes affaires et suis rentrée en pleurant dans le métro. Pas parce que j'ai peur d'un blâme ou d'autres sanctions. C'est bien le genre de trucs dont je me fiche royalement. C'était déjà pareil au lycée et je n'ai pas trop changé de ce point de vue là. J'en avais juste marre. Je n'en pouvais plus. Et c'est là que ça a commencé. Je ne peux plus. Le soir, pas moyen de m'endormir. Le matin, pas moyen de sortir du lit alors que réveillée. Je ressasse la journée de la veille, m'imagine ce que sera celle d'aujourd'hui, me dis que j'aurais du répondre ci au lieu de ça mais alors on m'aurait rétorqué ci et j'en serais arrivée à dire ça et... Ventre noué, gorge serrée, envie de vomir. Poser un pied à terre, fermer les yeux, prendre une douche, un café, un métro, iPod (c'est mon kit de survie), badge à l'entrée, bonjour, ouvrir courrier, mail, facebook, myspace, blogs et recommencer. Mais là je peux plus.
Parce que je commençais à virer parano, parce que je commençais à ne plus penser qu'à ça, parce que j'en ai perdu l'appétit, parce que je devenais parano et infernale dans ma vie personnelle avec des personnes que j'aime bien, il fallait que ça s'arrête. Alors je suis allée voir la médecine du travail. Le vent. C'est un véritable courant d'air ce truc. "Ah ben oui c'est du harcèlement moral. Ben allez voir votre médecin, faites vous prescrire du xanax et revenez bosser demain et les jours d'après". Ah oui mais non. Je n'ai pas envie d'avoir besoin d'une énième drogue pour supporter le boulot. J'en prends déjà assez comme ça pour le fun, faudrait pas que ça rentre dans le domaine du sérieux.
Et c'est là que je me suis mise à réfléchir sérieusement et à savoir ce dont je ne veux plus. Hors de question de me droguer pour aller bosser. En tout cas pour supporter les gens. Les psychotropes pour les trucs fun oui, mais pour supporter les gens, non. Et me voilà un lundi soir, à moitié en pleurs, serrant et desserrant mes mains face à mon médecin qui me suit depuis que j'ai 4 ans. "Bon. Ca suffit. Je t'arrête". Les premiers jours, c'est comme une libération. Puis il y a leurs appels, textos, mail reçu le premier jour de mon arrêt. En substance, ils me disent que comme je suis arrêtée pour une longue période, le journal ne peut pas avancer sans moi, donc il faut que je leur dise ce que j'ai fait comme interviews, celles qui étaient prévues et aussi les brieffer sur un artiste. Oh ben ça m'a stressé, j'ai répondu que j'étais en arrêt maladie. Après, je me suis dit qu'ils auraient mieux fait de m'écouter en réu et j'ai éteint l'ordi. Puis ça va mieux. Puis en fait non, parce qu'arrive un moment où il faut y retourner. Non. Je ne peux pas. Re-arrêt. Et ça recommence à aller bien. Puis il y a un espèce de sentiment de culpabilité qui arrive par moments. Je creuse le trou de la sécu avec ma petite pelle de plage. Je devrais être plus forte que ça et être capable d'y retourner, les affronter. Non. Je ne peux plus. Et aujourd'hui, ça se transforme en je ne veux plus. Trouver autre chose. Personne n'embauche, tout le monde vire. Alors j'écris. Un peu. J'efface. Beaucoup. Je me remets à faire du shopping. Trop. Je sors. Autant que possible. Et je ne vois que des personnes positives qui m'apprécient. Tout le temps.
par live forever publié dans : Live forever
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Vendredi 7 mars 2008

C'est arrivé. Un coup de grâce après plusieurs mois de flottement. Une sorte de long cauchemar flou qui prend enfin forme. Pourtant, je n'étais vraiment pas pressée de voir ça en couleurs. C'était pas si mal quand tout était encore tout flou, que les contours n'avaient pas encore leurs formes réelles et concrètes. Je savais que ça allait arriver, mais tant que je pouvais garder l'écran de fumée devant mes yeux, ça me convenait parfaitement. Quand on ne voit pas, quand on ne sait pas, on vit les choses très bien. Enfin à peu près. C'est comme lorsque j'oublie de mettre mes lunettes de vue. D'un coup, le monde paraît formidable. Je ne vois plus ni les moches, ni ceux qui font la gueule, ni ceux qui sont moches font la gueule et matent mon cul. Certes, parfois, je me prends un poteau ou je rate un trottoir, mais rien de bien grave comparé au fait que beaucoup de choses ne m'atteignent plus parce que je ne les vois plus. Hier, j'ai été contrainte et forcée de remettre mes lunettes sur le bout de mon nez et subir sans rien dire ce que je voyais et entendais.
Depuis quelques mois, je cherche plus ou moins à quitter le lieu où je passe 8 heures par jour pour trouver un autre nid où buller 8 heures par jour, allant de facebook en myspace. Chercher comme-ci comme-ça, sans vraiment me presser parce qu'après tout, j'ai le temps, le brouillard est là et n'est pas prêt de se lever. Il n'y a aucun avis de tempête. Ca ne risque pas de se lever maintenant. Impossible.
C'était sans compter la grande rafale qui s'est abattue hier. L'assistante est devenue rédac chef adjointe. Si si. C'est possible. Comme Sarko l'a dit, tout devient possible. Et même les pros du vernis peuvent, du jour au lendemain, décider de ce qui va se trouver dans le chemin de fer, corriger mes articles, commenter à voix haute et rire de ma prose dans l'openspace et m'envoyer sur telle ou telle interview (après m'avoir demandé les coordonnées de l'attaché de presse parce qu'elle ne les a pas. Concept). Et puis, alors que je suis en face, assise à mon bureau, on dit "elle". J'ai toujours aimé ça. Notre stagiaire a de nouveau été envoyée sur une interview que j'étais sensée faire. Ceci dit, ça me fait du travail en moins et c'est tant mieux pour la stagiaire qui, pour une fois, fera autre chose que les envois de courriers comme ses prédécesseurs. Donc, comment est-ce possible que l'assistante, qui passe sa journée à se limer, poncer, nourrir, vernir les ongles puis, pendant son temps libre, aller au tennis et, quand il lui reste encore un peu de temps, donner la liste de courses à son mec, donc comment est-ce possible qu'elle devienne rédac chef adjointe? Simple. On a changé son statut, donné une carte de presse et monte là-dessus tu verras Saint Pierre.
Moi, je ne suis montée sur rien du tout, du coup j'ai pas vu Saint Pierre. Mais ça serait quand même bien si de là où je suis, Sainte Rita pouvait pointer le bout d'un orteille, parce que je désespère. Seulement Sainte Rita ne vient pas. Force est de constater que j'ai accéléré le nombre de coups de fil "Bonjour, c'est Live! Ca va? Moi ce que je deviens? Et bien justement, je cherche à évoluer professionnellement blablablabla (oui ma mère a dit "on ne dit pas "je veux me casser de là fissa c'est tous des enculés de batards de leurs mères les putes" mais "je cherche à évoluer professionnellement c'est pour cela que je me permets de faire appel à toi qui dirige un journal digne de ce nom qui me permettrait d'approfondir mes connaissances et auquel je peux apporter mon savoir-faire" c'est plus long à dire mais bon...)" Et la réponse varie souvent dans sa forme mais pas du tout dans le fond. IL N'Y A RIEN NULLE PART. NADA. RIEN. TAMERELAPUTESARACE. Pourtant, il faut que je parte d'ici. Mais vraiment. Et rapidement. C'est amusant de régresser en retournant à l'école pour se faire corriger à voix haute et au stylo rouge sa copie, mais moi, à l'école, on m'envoyait plus souvent au coin (à cause de mon comportement qui, dixit la maîtresse, perturbait l'ensemble de la classe) et je n'avais que très rarement des bons points et je n'ai jamais réussi à acquérir 10 bons points qui m'auraient, de fait, donné droit à une image. En même temps, les images, je ne les trouvais pas belles. Donc je m'en foutais. 
L'idéal serait de me faire virer. Alors j'ai pensé faire une faute grave, genre insulter tout le monde (facile), jeter un ordinateur par la fenêtre (en mode Liam qui balance les chambres d'hôtel) ou bien faire comme dans la pub pour le Loto, déguisée en poussin, et foutant le bordel dans le bureau du grand manitou. Sauf que ma mère (oui, encore elle) m'a dit qu'on ne touche pas les assedic lorsqu'on est viré pour faute grave. Et comme je n'ai pas, à l'instar du poussin, gagné à euromillion, je ne peux pas me permettre de partir sans rien. Alors j'attends. Le cul à moitié dans le passage (ouais, c'est la place qu'on m'a attribuée, juste derrière l'imprimante. Remarquez, c'est mieux qu'il y a 6 mois. J'avais le frigo dans le dos et on pensait que j'étais dame pipi). Et j'attends quoi? Sainte Rita.

par live forever publié dans : Live forever
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Samedi 19 janvier 2008
Parce qu'il n'y a pas que le sexe et l'alcool dans la vie  comme on m'a dit il  y a quelque temps. C'est quand même dommage, parce que ça fait partie des meilleures choses de l'existence. Il faut bien s'occuper du reste aussi. Au hasard le boulot. Travailler plus pour gagner plus, tous ces trucs là. Arriver à 9h le matin, se manger des mails parce que 9h c'est pas 10h  et encore moins 11h. Pas ma faute, je suis connectée à un autre GMT que le leur. Celui que j'aime bien. M'emmerdez pas, le taf est fait, qu'est-ce que vous me prenez la tête pour une heure dans une journée alors que je ne compte pas le temps passé à travailler depuis 10 ans? Mauvaise question. Il est plus important de faire acte de présence, montrer aux supérieurs hiérarchiques qu'on est là, à son poste, le cul vissé sur son siège, le dos bien droit qui ne s'avachit pas sur le dossier, avoir un bureau bien rangé avec des piles de documents bien propres où pas une page ne dépasse, un écran sur lequel s'affiche des courbes, des chiffres, surtout pas de  fenêtre myspace/facebook/msn. Ne pas avoir l'esprit ailleurs, passer 8 heures minimum dévoué entièrement à l'entreprise. Etre "corporate". Ne rien dire. Sourire mais pas trop, ça voudrait dire qu'on est heureux et donc qu'on ne travaille pas. Dire merci, pas pour l'augmentation qu'on n'aura jamais, mais pour avoir le privilège de bosser là. Faire le dos rond. Courber l'échine et en redemander encore.
Pas de bol, c'est pas moi. Mon bureau est un foutoire sans nom sur lequel s'entassent cd, dvd, feuilles, post-it, vieux gobelets, magazines et les chemins de fer me servent de set de table tous les midis quand je mange mon sandwich à 8 euros devant l'écran. Mon tapis de souris n'est pas comme celui des autres tout noir ou tout bleu, puisque je l'ai fait moi-même, comme une grande, pendant mes heures de travail. Oui, j'avoue, j'ai passé 5 minutes à faire autre chose que servir mon entreprise. Ciseaux, scotch, pochette plastique et photo d'Iggy Pop. Personne n'a aimé mon tapis de souris. Certains ont même hurlé "mais quelle horreur". Au début j'ai tenté d'expliquer pourquoi Iggy n'était pas moche mais transpirait le sexe, mais ça m'a fatiguée assez rapidement. Faut dire que je signe certains de mes articles Sally Cinnamon et lorsqu'on m'a demandé pourquoi, j'ai répondu que c'était un titre des  Stone Roses, ce qui a provoqué l'hilarité générale "Les Rolling Stones tu veux dire. Et ben pour quelqu'un qui prétend écouter du rock t'y connais pas grand-chose". Mouarf. Peine perdue, j'ai baissé les bras. J'ai l'iPod sur les oreilles en permanence pour éviter d'entendre la vie passionnante des gens et leurs réflexions incessantes. Je passe pour une associale, une Daria en puissance et ça me convient très bien. Certaines de mes collègues pensent même que je suis gothique. L'avantage c'est qu'elles craignent un peu les jours de pleine lune, des fois que j'égorgerais une poule en pleine nuit sur une tombe du Père Lachaise et qu'il leur arrive les pires malheurs par la suite (en même temps, je devrais peut-être essayer, sait-on jamais, si ça peut leur faire perdre l'usage de la parole). Ca m'a fait rire de revenir béate de l'interview que j'ai eu avec Manson. Ce jour-là, j'ai définitivement aterri dans la catégorie des gens bizarres. Alors on m'a envoyée interviewer Tokio hotel. Cherchez pas le rapport, il n'y en a pas. Limite, ça m'arrange, parce que c'est ça ou Christophe Maé. Au moins, le monsieur-madame avec ses ongles plus soignés que moi est marrant avec ses cheveux qui tiennent debout tout seuls. Il m'a même appris la bonne technique pour mettre de l'eye-liner, ce que je ne porte pas, mais j'ai au moins appris quelque chose.
Je dois écrire entre quinze et vingt articles par mois. En faisant moins de "temps de présence dans l'entreprise" comme dit la DRH que les autres. Les autres écrivent moitié moins et se font les ongles. Mais c'est pas ce qui compte. Il faut être là, que ton supérieur te voit, t'observe, sache ce que tu fais, quand, où tu vas et évite de faire caca quand tu vas aux toilettes parce que ça prend plus de temps que le pipi et c'est autant de temps perdu pour les actionnaires donc de l'argent. Et oui, la merde coûte chère. Comme les ambitions personnelles de petites putes qui pensent qu'en terrorisant la masse elles arriveront à leurs fins. Problème. Sur moi, ça ne marche pas. On est gothique ou on ne l'est pas, hein. Alors les mesquineries montent crescendo. Cette semaine, on a corrigé mes articles à voix haute dans l'openspace. Commentaires qui se veulent cinglants de rigueur. Je les ai regardé faire, toujours mon iPod sur les oreilles. Bizarre, elles n'avaient pas pris de stylo rouge pour noter les corrections et commentaires dans la marge. J'ai coupé la musique pour entendre mieux ce qui se disait. Bon. C'est officiel depuis cette semaine: je ne sais plus écrire. Je me sens comme Virenque. On m'aurait menti à l'insu de mon plein gré sur ma capacité à enchaîner les articles bien construits sur des sujets aussi divers et pas forcément variés qui m'intéressent autant que me nourrir d'autre chose que de bière pendant toutes ces années. La vérité éclate enfin au grand jour, je suis une merde. Chouette. Je me sens d'humeur à aller faire un stage d'écriture au CFPJ. On y commence les journées à 9h mais au moins je ne rentre pas chez moi à minuit. Puis je pourrai prendre l'air.
D'autres sont allés se plaindre de la situation. Ils sont allés expliquer l'ambiance. Alors j'ai fait pareil. Parce que quite à être virée quoi qu'il arrive, autant arrêter d'écouter son iPod et dire sa façon de penser. Puis c'est pas tous les jours que la médecine du travail et la DRH vous convient à l'ouvrir. Alors j'ai raconté. Expliqué. Exposé. Tout. Au stade où on en est, on n'est plus à ça près. Pas d'énervement. J'ai même réussi à ressortir la phrase de Royal. Son fameux "je ne suis pas en colère". Et c'est vrai que je ne suis même pas en colère. Ce n'est pas la première fois que je suis confrontée aux bassesses de l'être humain en entreprise et ce ne sera sûrement pas la dernière. J'ai l'inconvénient d'avoir une mère syndicaliste et de bien m'entendre avec mon redac chef. Il ne fait aucun doute que je ferai partie de la même charrette. Quand la DRH m'a demandée si j'avais peur, j'ai tout simplement répondu "Non. Peur de quoi d'abord? Et si j'avais peur, je ne serais pas dans ton bureau". Simple. Puis je suis retournée à mon poste. J'ai fait les légendes de ce qui sera peut-être mon dernier article sur Britney (attention, séquence émotion) et dérushé mon premier reportage vidéo. J'ai la semaine prochaine pour le monter et le faire valider par les instances divines. Et sûrement pas demander à ces mêmes instances une augmentation parce que, maintenant que je fais aussi de la vidéo, je travaille plus et qu'ils doivent donc me payer plus. Je les remercierai de m'avoir accordé cette formation qui me permet de "mutualiser mes compétences" pour le même prix. A moins que je me prenne dans la gueule une sanction disciplinaire pour avoir ouvert ma gueule et tenir un blog, ce qui signifie que je ne consacre pas 100% de mon temps au bien-être des actionnaires tout-puissants.

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par live forever publié dans : Live forever
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Mardi 25 décembre 2007
En quelques jours, Sarko a présenté Jean-Marie Bigard (notre plus grand comique français à l'humour fin et délicat) au Pape et il est parti passer un petit week-end romantique avec son nouveau sac Gucci sa nouvelle amie Carla Bruni. A Disneyland Paris. Hyper romantique la promenade sur Main Street avec la petite chanson des poupées et la parade où on fait coucou à Mickey, Dingo, Pluto et tous leurs amis. Carla a donc troqué les employés désagréables du Costes pour être servie par le capitaine Crochet et ses amplettes chez Colette pour des oreilles de Minnie. Ceci dit, je m'étais toujours demandée avec quel nain Blanche-Neige forniquait en échange du gite et du couvert. J'avais opté pour la tournante, elle s'affiche avec Grincheux. Elle a bien fait des trucs avec Joyeux Jagger, mais elle a préféré voir plus bas haut. Grincheux ne veut pas médiatiser sa vie privée a-t-il dit pendant que son Gucci se croyait encore sur le podium d'un défilé Chanel. C'est pas gagné. Heureusement, pour le jour de l'an, Grincheux a obtenu l'aide d'un ami afin de fuir, en toute discrétion, les méchants journalistes qui font que l'embêter en répondant présents aux invitations qu'il leur lance. Oui parce que, si vous croyez que les paparazzi et autres journalistes n'ont que ça à foutre que de trimballer tout leur matos à Marne-la-Vallée un samedi de décembre à se geler le cul par -15 c'est que vous avez voté Sarkozy et ça, c'est pas bien. Pas bien du tout même.
Travailler plus pour gagner plus. Oui, oui, pourquoi pas. Ce sont les employés des hôpitaux, les flics, les profs et autres employés de la fonction publique qui doivent être contents d'entendre ça. Ils ont déjà accumulé plein d'heures sup qui ne demandent qu'à être versées sur leurs comptes, mais non. Pourquoi? Il n'y a pas d'argent dans les caisses de l'Etat. Pourtant, ce manque de liquidités n'empêche pas Sarkozy de garder son salaire de ministre de l'intérieur et de s'augmenter de 200%. Bel exemple. En même temps, c'est Cécilia qui doit être contente puisque la pension alimentaire qu'elle reçoit est proportionnelle aux revenus de son ex. Comme ça, elle peut continuer à déjeuner au Royal Monceau avec mini-sarko, son fils, et aller au marché de Neuilly-sur-Seine le dimanche matin. Cette salope de Cécilia quand même... Si elle n'était pas aussi gourmande, Grincheux aurait peut-être pu emmener Blanche-Neige ailleurs que chez Mickey.
Heureusement, Grincheux a des amis. Beaucoup d'amis. C'est donc sur Air Bolloré qu'il s'est envolé ce matin, avec Blanche-Neige et neuf autres bouffons  journalistes personnes, histoire que ses vacances ne se retrouvent pas dans le prochain numéro spécial Grincheux de Paris-Match. On a déjà eu Grincheux au travail sur 16 pages il y a 2 ou 3 numéros, on va attendre un peu avant de recommencer, même si les ventes ont été bonnes, faudrait pas lasser le consommateur lecteur. Par chance, il existe yahoo! actualités, qui fournit toujours des titres dignes de ce nom (cf. Kaka sur le trône). Pour suivre le périple de Grincheux Gucci, suffit de cliquer sur l'onglet "people". Tout est dit. On sait même que l'avion d'Air Bolloré était immatriculé F-HBOL et que le nain et sa princesse sont arrivés décontract à l'hôtel, s'arrêtant sur les marches, main dans la main et lunettes noires sur le nez, pour faire coucou aux passants. Discretion, sobriété, sourire.
C'est vrai qu'il est fun Grincheux. Il voyage en famille aux frais de ses amis et de l'Etat, tente de laisser son fils en vacances forcées au président chinois ("je vais peut-être vous le laisser, il a besoin d'apprendre la discipline"), installe une tente et déroule le tapis rouge pour Le Guide qui est reparti avec des armes, appelle Poutine pour le féliciter... Peut-être s'est-il rendu à Kaboul afin de féliciter Ben Laden pour le dernier attentat en Algérie? Qui sait.
Bon assez rigolé avec le nain et passons à la seule véritable actu sérieuse digne de ce nom: Britney. Aux dernières nouvelles, elle a conduit avec son coffre ouvert à 3h du matin, passé la nuit à l'hôtel avec un paparazzi (notez le côté pratique de la chose), a percuté une nouvelle fois une voiture en stationnement, insulté des photographes, s'est arrêté chez Starbucks, oublié de se présenter à une injonction du juge pour récupérer la garde de ses enfants et, surtout, sa petite soeur de 16 ans, Jamie Lynn, actrice dans une sitcom à succès, est enceinte de son mec qui vient de la larguer. Résultat, le livre que sa mère devait écrire "comment élever une popstar" a été annulé. Et ça, c'est fun. Ah puis j'oubliais, elle a tourné un nouveau clip pendant son peu de temps libre.
En attendant la suite, bonnes fêtes tout le monde et toutes mes condoléances aux fumeurs qui, comme moi, devront dorénavant se geler le cul dehors pour s'en griller une à partir du 1er janvier minuit.



par live forever publié dans : Start a revolution from my bed
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