Lundi 23 juillet 2007

C'est définitivement une mauvaise idée d'être né(e) trop bronzé(e) dans ce pays depuis que la rupture est devenue possible.

http://indociles.blogs.liberation.fr/laske/2007/07/josiane-raconte.html

 

 

par live forever publié dans : Start a revolution from my bed
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Mercredi 18 juillet 2007
Après un long moment de réflexion, un tour chez différents vendeurs de vélos, une observation de la circulation à Paris, j'étais bien décidée à me mettre au vélo dans la capitale, au moins pour aller bosser et pas forcément pour rentrer du pub. Puis les bornes Vélib' sont sorties de terre un peu partout. Rien que chez moi, je dois en avoir au moins quatre à moins de deux minutes à pieds. Au taf, la borne la plus proche est à 10 minutes. C'est gérable. Au final, je ne compte pas m'acheter de vélo tout de suite et j'ai plutôt envie de prendre un abonnement. J'ai tourné autour des bornes, posé des questions, surfé sur le site, repéré les stations... Hier, j'y étais presque. Je me suis arrêtée devant la borne rue Legendre et puis non, la trouille. J'avais la place Clichy à traverser. Pas moyen.
Ce soir, en sortant du bureau, je me suis dit que je ne pourrais pas laisser la peur m'empêcher de faire quelque chose. Alors, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis dirigée d'un pas décidé vers la borne Vélib' de la Porte Maillot. Ca commence mal. Plus un seul vélo. Je repère sur le plan où se situe la station Vélib' la plus proche. Elle est à un pâté de maisons. J'y vais. Cette fois, il y a des vélos et un type s'est lui aussi décidé et pianote pour choisir son ticket. Quelques badauds observent la manoeuvre, intrigués.
"Han. Ma CB passe pas! Ben vous pouvez y aller..."
"Ben je vais essayer..."
Un badaud s'avance.
"Vous savez comment ça marche?"
"Ben non c'est ma première fois"
"Ben moi aussi c'est ma première fois"
"Mais ils sont bien ces vélos?"
"On sait pas c'est notre première fois"
Bam. Ma CB ne passe pas non plus.
"Bon ben métro?"
"Ah non, moi je continue à pieds. Merci! Bonne journée!"
La borne suivante est elle aussi à un autre pâté de maison, toujours sur le boulevard Pereire. Plein de vélos. Ma CB marche. Tout va bien. "Veuillez retirer votre vélo". J'avais choisi le 17. J'arrive pas à le détacher. Je m'énerve, le vélo se bloque. Je dois recommencer la manoeuvre. Un type arrive et repose son vélo.
"Heu excusez moi... Comment on fait pour sortir son vélo?"
"Oh ben simple on tire dessus"
"Ah... Mais ça marche pas..."
"C'est lequel? Le 17? Attendez, je vais voir... Ah ben oui, forcément, y'a la béquille"
"Ah... Ben je vais en choisir un autre"
Je recommence encore l'opération et je choisis le 2. Yeah! Ca fonctionne. J'enfourche le vélo. C'est putain de lourd quand même. Tellement lourd que le vélo tremble un peu aux premiers coups de pédale. Rien à voir avec ma bécane de l'Ile d'Yeu qui, d'un coup, me paraît faire le poids d'une plume. Ayé, je maîtrise, je peux m'asseoir. Ah merde. La selle m'arrive au milieu du dos. Un géant m'a précédée. Faux départ donc. Je me cale sur le passage piétons et je descends la selle. Il suffit juste de soulever le loquet et monter ou descendre la selle. Simple. Pratique. Ah! Ca va mieux. La selle est à la bonne hauteur.
Me voilà donc boulevard Pereire, fière sur mon Vélib'. Sur mon passage, c'est toujours la même chose "Oh! Un Vélib'". Au rond point de la place Pereire, pas moyen, je mets pied à terre. Ca circule de partout, dans tous les sens et la station de taxi n'aide pas. Je fais le tour en poussant le vélo sur le trottoir et reprends le boulevard Pereire. Ptain, je le voyais pas si étroit lui. Voie à sens unique, on peut se garer des deux côtés. Pitié qu'on me double pas. Bon, c'est bien gentil d'espérer, mais à la première voiture qui me double, je ralentis, je serre les fesses, je prie pour qu'un connard n'ouvre pas sa portière sans regarder. Ouf, c'est passé. La voiture a même ralenti en me doublant et a gardé une bonne distance. Yeah! J'ai survécu. Quoique... C'est quoi ce bruit? Ah oui. Un camion. Quelle idée de prendre une si petite rue avec un camion. Ben il bosse hein donc faut qu'il passe puis il a pas le temps de faire attention. Fiiiiiiouuuuuu Ca me décoiffe, mais c'est bon, ça passe et toujours pas de portière inopportune en vue. A l'autre rond-point, je mets aussi pied à terre. C'est qu'ils sont fous un peu les gens en voiture.
"Oh un Vélib'! Excusez-moi mademoiselle, mais nous cherchons une borne Vélib', vous pourriez nous aider?"
"Vous en avez une boulevard Pereire, pas trop loin"
"Oh viens! On y va! Merci beaucoup hein! Au fait, c'est bien Vélib'?"
"Ma foi oui, je suis toujours en vie. Un peu lourd, mais c'est bien pratique"
"Tu vois, il faut qu'on le fasse! Merci encore!"
Et hop, je remonte en selle. Pont Cardinet. J'ai pas trop réfléchi et voilà que je circule sur ce truc que même en voiture je ne comprends pas d'où viennent les gens. En fait, non, c'est simple. A part les pavés, mais la selle est confortable. Il y a juste le sac qui se ballade un peu partout dans le panier. Tout va bien. Et voilà la borne de la rue Legendre. C'est déjà fini?

Ce que je retiens de ma première fois en Vélib' et de ma première fois en vélo dans Paris:
- Les Vélib' sont putain de lourd
- Les conducteurs de voitures ne sont pas tous des sauvages
- Ca drague sec à chaque borne de Vélib'. Des renards partout, c'est marrant.
- Les gens, piétons comme véhicules sont souriants à la vue d'un Vélib'
- Ca fait les muscles
- C'est super agréable de se déplacer comme ça
- Il faudrait un rétro. Quand j'ai du doubler l'abruti en double file, j'ai regardé derrière pour voir s'il n'y avait personne qui arrivait et en même temps, je priais pour que la voiture en double file soit vide afin que le conducteur n'ouvre pas sa portière sans regarder ni qu'un piéton ou un chien ou un enfant ne traverse à ce moment-là.

Donc, Bertrand, si tu me lis, merci pour le Vélib', paraît que tu peux pas les faire plus légers, mais s'il te plaît, un rétro, ça serait chouette!

L'image “http://www.20minutes.fr/img/photos/afp/2007-06/2007-06-13/article_SGE.MZC27.130607174327.photo00.photo.default-329x512.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
par live forever publié dans : Live forever
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Lundi 9 juillet 2007
Je pensais l'avoir ratée cette putain d'interview. Je me souviens encore quitter l'hôtel, le buste voûté, la tête penchée en avant et les cheveux cachant mes yeux. La honte. Pour une fois que j'interviewais autre chose qu'un groupe ou un chanteur de variété adulé par NRJ et TF1, fallait que je foire. Comme d'hab en même temps. J'arrive à avoir des possibilités et faut que je les foute en l'air. Juste besoin de toucher ce qui est beau pour le détruire, par Pierre-Richardisation la plupart du temps. Par la faute à pas d'chance comme on dit.
Quelques semaines plus tard, j'ai rendez-vous avec le même attaché de presse. Cette fois pour un groupe totalement formaté from Germany. Pas celui dirigé par un Pikachu dont on ignore la sexualité. Un autre. A peu près du même acabit. Peu importe. J'arrive, un peu en avance, comme à chaque fois que j'ai une interview dont Christophe s'occupe. J'aime bien discuter avec lui. On se marre bien à chaque fois. Le groupe est en avance, prêt à me raconter leur vie. Nous montons dans la suite, je passe quarante bonnes minutes à leur faire raconter leur vie. Puis Christophe revient, accompagné du manager et d'un autre type allemand que je vois tout le temps pour les groupes allemands. Je ne sais pas trop en quoi consiste son métier, mais il est là. Je dis merci, bon concert et à bientôt puis je prends l'ascenseur en tête-à-tête avec Christophe.
Je lui dis que l'interview s'est bien passée, qu'ils sont tout mignon et...
"Johnny Borrell était très content de ton interview. Il t'a kiffé"
"Hein? Mais c'est la pire interview de tous les temps que j'ai jamais fait de toute mon existence"
"Ben il a kiffé. Il était content"
"Ouais bah normal, je suis jolie et gentille et je penche la tête sur le côté c'est..."
Oui t'es toute choupi mais aucun rapport. Il a trouvé tes questions très bien, intelligentes tout ça"
"Me dis pas des trucs pareils. C'est pas possible"
"Je te jure, il a kiffé"
Et voilà que je me mets à devenir pivoine. C'est pas humain. Pas humain dans le sens où ce Johnny Borrell ressemble comme deux gouttes d'eau à l'anglais de la soirée McGee avec lequel je m'étais fourvoyée un soir à Londres. Pas humain parce que je me souviens de l'interview, la pire que j'ai eu à faire de toute ma vie où Borrell, on sait pas pourquoi, alors qu'il avait gardé ses lunettes de soleil pour les autres entretiens, décide que, ayé, ça suffit, le ptit bout de femme qui marche la tête penchée pour pas qu'on croise son regard, ben elle, je vais enlever mes Rayban et je vais la regarder tout le long droit dans les yeux. C'est pas humain ça quand on a les yeux tout bleus et qu'on est le clone de l'anglais dont j'ai jamais compris le prénom parce que trop torchée pour comprendre un prénom dans les vapeurs de bières et la musique à fond. C'est pas humain du tout. Pas du tout. Pas humain de dire "It's so cute" comme le faisait l'américain lorsque je prononçais un mot typiquement anglais avec un putain d'accent français parce que ouais ben je perds mes moyens et mon anglais avec. Pas humain de faire ce sourire en coin là comme si j'étais hermétique à tout. Pas humain de me faire ça à moi, d'aller dire à l'un des rares attachés de presse que je considère comme un ami "j'ai kiffé". Nan, on peut pas, on n'a pas le droit, on baisse les yeux, on dit rien. On ne dit rien. Surtout quand on ressemble à l'anglais de la Death disco. Parce que moi, je ne suis qu'un ptit bout de bonnefemme qui perd facilement tout ses moyens même si on dirait pas comme ça. Parce que, en vérité, y'a pas plus timide que moi. Parce que sans alcool, je gère rien du tout, je deviens pire que pivoine à chaque regard qui s'attarde, parce que je suis foncièrement putain de romantique ta mère, parce que avec des yeux aussi bleus, on n'a pas le droit de s'en servir de la sorte. J'ai des yeux verts, assez clairs, assez "déstabilisant" disent les gens et je sais très bien pour avoir déjà testé ce que ça fait quand on en joue. Parce que je sais qu'on peut déstabiliser et faire baisser le regard de n'importe qui avec des yeux comme ça. C'est pas humain.
Et moi je pensais avoir foiré mon interview que je n'ai toujours pas décryptée. Pourtant j'avais commencé à la décrypter, mais dès que j'ai entendu le son de sa voix je me suis retrouvée à baisser la tête en refusant de revivre ce moment de honte intense et absolue. Là, ça va être pire. Il a kiffé ce moment de honte intense et absolue. J'aurais peut-être préféré qu'il dise "Han la ptite là, c'est vraiment de la merde, je veux plus jamais la revoir. Trop connes ses questions". Au moins j'aurais répondu "Ben oui, m'étonne pas, c'est la pire interview de tous les temps. Je foire tout ce que je fais". Ca aurait été plus simple. Ou pas. Je me serais flagellé en rentrant. Mais au moins j'aurais dit "Je le savais. J'ai foiré. Comme d'hab". Enfin, d'habitude je ne foire jamais mes interviews tout simplement parce que les gens que j'interviewe me passent large au-dessus du ciboulot, que je sais où je veux les emmener et qu'ils y vont parce que j'ai toujours la maîtrise du truc. Rien ne me déstabilise jamais. Jamais. Quand ça se passe différemment, c'est pas humain.
Tout comme Iggy. C'est pas humain ce qu'il a fait lors de son concert au Palais des sports. Je me retrouve contre la barrière puis je gueule "Come on". C'est pas humain de venir. J'appelle pas pour qu'il vienne, j'appelle pour le fun. Puis surtout, j'appelle pas pour qu'il vienne et qu'il reste planté devant moi pour que je lui carresse le torse là comme ça. Alors ben oui j'ai carressé le torse d'Iggy. Parce que, premièrement, je ne suis pas contrariante quand c'est demandé gentiment comme ça, puis deuxièmement, bordel c'est Iggy! Je ne suis qu'un être humain complètement hétérosexualisé. Puis c'est pas une raison pour après remonter sur scène et ouvrir comme ça sa braguette face à moi. Non, ce n'est définitivement pas humain.
Alors j'écoute Half the world away. Ca doit être le titre d'Oasis qui me correspond le plus. Bon, il y a bien Cigarettes&alcohol pour d'autres raisons, mais Half the world away est vraiment le titre qui parle le mieux de moi (je n'ai aucune modestie ce soir, je kiffe). Ce titre me donne le sourire. Comme lorsque je repense à l'interview foirée-pas foirée. Elle me transporte ailleurs. Lorsqu'elle déboule dans l'iPod alors que je suis sur un quai de métro, je suis très loin de la rame. Et j'ai envie de chanter. I would like to leave this city, This old town don’t smell too pretty and I can feel the warning signs, running around my mind and when I leave this island, I’ll book myself into a soul asylum cause I can feel the warning signs, running around my mind. C'est fou comme un titre peut transporter complètement ailleurs, dans un monde qui n'existe pas. Parce que ce monde n'est pas concret, c'est un état d'esprit, une émotion qu'on raccroche à une image qui change suivant le cours de sa vie. Mais l'émotion reste la même et ça nous transporte toujours au même endroit même si l'image change. Parfois je suis au Royal Albert Hall face à Noel. Une autre fois je marche vers Camden. A un autre moment je traverse le Parc Monceau. Une autre fois je suis dans ses bras. I’ve been lost, I’ve been found, but I don’t feel down. No I don’t feel down.
par live forever publié dans : Live forever
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Samedi 30 juin 2007
Un peu éméchée en rentrant l'autre soir, j'entends mon téléphone sonner. I was loooookin for some actiooooon and all I found are cigarettes and alcohooool. Sonnerie de circonstance. Ma mère. Après le bonsoir ça va et toi ça va de rigueur, je ne sais pas pourquoi, à 23h15, il lui prend l'envie de me dire que, quand même, faudrait que je grandisse, que je me trouve un mec sérieux parce que même mon cousin idiot s'est trouvé une fille LUI alors qu'on finissait par se demander quand est-ce qu'il finirait par s'en trouver une puisque la seule qui voulait bien de lui c'était une nigérienne qui voulait venir en France et qui cherchait quelqu'un pour se marier, lui avait dit oui pour enfin pouvoir niquer et qu'il était prêt à prendre l'avion avant que ses parents ne l'en empêche en le menaçant de lui couper les vivres.
Le pire n'est pas qu'elle m'appelle pour ça. On va dire que j'ai l'habitude. Sauf qu'elle n'est pas habituée à ma réponse. "Bon, écoute maman, c'est simple. Si je n'ai personne dans ma vie à 27 ans, c'est tout simplement parce que personne veut de moi, à part les alcooliques et les drogués, ou les deux en même temps". Silence à l'autre bout du sans fil. S'ensuit un "ah". Puis un "nan mais je ne voulais pas t'embêter, juste je me demandais. Mais t'inquiète pas, un jour, toi aussi ça t'arrivera". Je lui ai coupé la parole. "Tu n'as pas compris. A part les drogués et alcooliques, PERSONNE ne veut de moi. P E R S O N N E. C'est pas compliqué à comprendre quand même".
En raccrochant, j'ai pris conscience de la lose qu'une telle conversation avec sa mère implique. L'avantage, c'est que ça fait bien plusieurs jours qu'elle ne m'a plus posé la question d'où j'en suis dans ma vie sentimentale. Puis j'ai observé un peu avec quoi sortent mes amis masculins. Mon ancien meilleur ami a suivi mes conseils. Il est retourné avec la gentille fille qui rêve de mariage et de bébés, qui ne parle pas aux inconnus crânes rasés avec cicatrices de coups de tessons de bouteilles dans la rue sous prétexte qu'ils chantent Acquiece et qui ne répond pas "j't'emmerde pouffiasse t'as vu ta gueule de truie" à la fiancée de son client même si elle vient de l'insulter le tout devant le dit-client et une tablée de collègues. La seule relation longue du charmant alcoolique baissait la tête quand on la regardait et disait bonjour de façon à peine audible. Elle répondait toujours bien et on ne la croisait pas dans les bars au comptoir une pinte à la main. Un autre pote est avec une charmante blonde calme et posée, pas un mot plus haut que l'autre et que je n'ai jamais vue ivre morte sur un trottoir quelconque même après quelques verres d'alcool. Et ainsi de suite.
Quant à moi, mes prochains projets sont de passer un mois sur une île où boire au bar est la seule activité possible et préparer le séjour à Londres en novembre pour fêter la reformation de The Verve. D'un autre côté, je viens de m'acheter du basilic, de la menthe et un pied de tomates cerises que j'ai installé sur mon balcon. Le chat devient tout fou avec les odeurs et les feuilles qui retombent. Et ça me plaît assez. Le week-end prochain, j'ai prévu de m'attaquer à l'autre balcon, celui qui est dans ma chambre. Je veux des fleurs de toutes les couleurs dessus. Puis je veux un vélo pour aller au boulot. Chaque matin, la perspective de l'heure de pointe me fait arriver en retard. Faut dire aussi que commencer à 9h du mat est une idée de psychopathe. 9h... Faut être fou pour imposer ça. Ou alors faut s'appeler Sarko. Seulement, après inspection minutieuse du local poubelle qui sert aussi de local à vélos, je vient de me rendre compte qu'il y a 4 crochets pour des vélos, 3 sont pris, le quatrième devrait être pour moi mais je ne vois pas comment on peut accrocher un vélo supplémentaire là-dessus. Quant à remonter mes 6 étages un vélo sur le dos, ça sera sans moi. Je vais réfléchir encore un peu.
En attendant, j'ai fait la connaissance de plein de gens de mon quartier en adhérant au PS. Et c'est bien sympa. Je me sens un peu moins seule à avoir le bon sens dans mon coin huppé coincé entre le parc Monceau et la place Clichy. On m'a proposé de passer à une brocante de quartier demain. J'irai y faire un tour à l'heure du déjeuner. En fait, dire ça à ma mère semble m'avoir fait énormément de bien. Avoir la lose fait du bien.
Je n'ai toujours pas rencontré le mec qui réussira à me supporter, mais je trouve que ma vie n'est pas si mal voire même qu'elle est très bien. Je navigue entre pubs, concerts, engagement politique et boulot. Je suis fatiguée, mais pas trop. Et surtout, je vais bientôt retrouver la mer, le sable chaud, les soirées qui ne finissent pas, les trajet à vélo et les dîners au homard. Encore un mois avant cela. Iggy à voir sur scène, un vélo et les places pour The Verve à Londres à acheter et je n'aurai plus qu'à faire ma valise.

http://imagineressources.linternaute.com/document/image/540/mouillage-ile-mer-soux-falaise-764348.jpg
par live forever publié dans : Live forever
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Mercredi 13 juin 2007

Mais qu'est-ce qu'il y a dans la tête des gens? Pourquoi votent-ils tous en masse pour la droite décomplexée, celle qui annonce sans gêne aucune que ce sont les consommateurs qui, désormais, vont payer les taxes à la place des patrons pour alléger ces pauvres patrons étranglés par les impôts? Qui sont ces gens qui pensent que leur pouvoir d'achat va augmenter en même temps que la TVA? Qui sont ces gens qui pensent qu'on peut augmenter la TVA sans l'augmenter? Bon, entre nous, je serais tentée de dire que ces gens ne pensent pas. Seulement, ça va un peu à l'encontre de l'opinion que j'ai des gens. Tout le monde pense et réfléchit non? Pas sûr...
L'autre jour, je déjeunais avec une amie du lycée, retrouvée par amie interposée sans passer par copains d'avant. Elle est au chômage et de droite. Elle râlait pas mal parce qu'elle n'arrivait pas à retrouver un emploi, parce que personne veut embaucher. Puis elle me parle des nouveautés de la recherche d'emploi. Certaines boîtes, futures concurrentes officielles de l'ANPE, proposent des jobs en effet, mais pour avoir le nom et l'adresse du potentiel employeur, faut payer. 70 euros. En gros, t'as intérêt d'être chômeur et riche, puis pas trop t'inquiéter du fait que le travail est un droit et qu'il ne faut pas être fortuné pour y accéder. Je passe le fait que ça promet ce genre de pratiques le jour où l'ANPE n'aura plus le monopole de la recherche d'emplois, mais bon, passons, comme on nous le dit tout le temps "on a été élu alors ça veut dire que les français veulent de notre programme et notre programme, c'est ça". Alors, avec tout ça, je lui demande à ma copine, cette question qui peut paraître assez idiote comme ça "Mais pourquoi tu votes à droite?" Là, elle me dit "Ben quand on travaille, on est trop taxé. Quand je regarde mes anciennes feuilles de paye, que je vois la somme en haut et la somme tout en bas de la feuille, ben j'en ai marre. Avec la droite, on va payer moins de charges". Certes, certes "mais si tu payais moins d'impôts, tu te rends bien compte, par exemple, que là, tu ne pourrais pas être au resto avec moi puisque tu ne toucherais pas forcément le même chômage, voire tu ne toucherais rien du tout. C'est donc normal que, quand tu bosses, tu payes des trucs à l'Etat, puisque l'Etat, c'est toi. Sinon, comment tu ferais aujourd'hui sans le chômage?" "Oui mais y'a pas que l'assurance chômage..." "Ben tu veux enlever quoi? L'assurance maladie? Comme ça le jour où t'es malade t'as intérêt à être blindé? Ou bien la vieillesse? Comme ça on laisse les vieux crever? Je t'accorde que ça me dérangerait pas plus que ça, ça ferait moins de voix pour la droite, mais quand même..." Petits mouvements d'énervements de sa part "Oui je sais bien ça, mais on paye quand même trop d'impôts alors je vote à droite. Puis de toute façon, avec la droite, je vais retrouver plus rapidement un emploi". "Ah oui? Comment ça? Grâce aux heures sup détaxées que les salariés effectueront pour éviter à l'employeur d'embaucher?"
Ben oui, je sais bien, je devrais me dire qu'il ne sert à rien de parler politique avec des gens de droite, mais quand je les entends parler, je parle de ceux qui sont chômeurs, classe moyenne, pauvres, ben je peux pas m'empêcher. Qu'un blindé vote à droite, c'est le bon sens. Qu'un autre le fasse, c'est que ça tourne pas rond là-haut.

Dimanche, il y a le deuxième tour des législatives. A force de dire que c'était plié (au passage je déteste cette expression de droite qui pue le mépris et résume assez bien, selon moi, la mentalité des gens de droite), 40% des électeurs ne se sont pas déplacés. Alors forcément, la vague bleue est bel et bien là. Si jamais, à tout hasard, il ne fait ni trop moche (sortir sous la pluie, je comprends, on veut pas, surtout un dimanche, autant rester sous la couette) ni trop beau (ben oui, si y'a soleil, on préfère se dorer la pilule dans le parc le plus proche, préparer sa peau avant de partir sur une plage quelconque grâce aux congés payés qui, je le rappelle, étaient décriés par la droite décomplexée du siècle dernier) et que ces 40% décident de se bouger le popotin jusqu'à l'urne la plus proche, je voulais leur rappeler deux ou trois trucs et peut-être même un peu plus, mais point trop n'en faut, paraît que le lecteur n'aime pas quand c'est trop long, faut faire court, sinon le cerveau chauffe trop (oui, on vous prend pour un con et vous en redemandez).
Donc, avant de mettre votre bulletin dans l'urne, un petit test:

- Etes-vous d'accord pour que le montant de votre caddie hebdomadaire Auchan/Monoprix/Leader Price/ED/Franprix&co augmente sensiblement dans les mois qui viennent alors que votre salaire reste le même?
- Etes-vous d'accord pour qu'une partie des taxes payées par les patrons soient désormais payées par vous lorsque vous achèterez votre prochain paquet de nouilles?
- Croyez-vous à la fin des délocalisations en Chine ou en Inde ou au Maroc ou en Malaisie ou tout autre pays où on peut payer quelqu'un 10 euros/mois en le faisant bosser 7/7 jours tout simplement parce que les employeurs seront moins taxés?
- Etes-vous d'accord pour être encore moins bien remboursé par la Sécu quel que soit le montant de vos revenus?
- Etes-vous d'accord pour que votre enfant puisse aller en apprentissage dès l'âge de 14 ans?
- Faites-vous partie des 12 000 heureux élus qui vont se partager la super cagnotte du bouclier fiscal?
- Etes-vous dans les 25% de français qui sont taxés sur l'héritage et qui ne trouvent pas ça normal?
- Attendez-vous après la mort de l'un ou plusieurs de vos proches pour être riche?
- Croyez-vous au Père Noël?

Si vous avez répondu non à au moins une de ces questions, vous n'avez aucune bonne raison de voter pour l'UMP ou le LNC (oui ça c'est le nouveau parti centriste, ceux qui étaient à l'UDF et qui ont soutenu Sarko pendant la présidentielle, vous faites pas avoir, c'est le pseudo de l'UMP), encore moins pour le FN (quoi ça le FN est mort?) ou tout ce qui tangue vers la droite.

 

par live forever publié dans : Start a revolution from my bed
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