Vendredi 24 février 2006

Je ne suis pas d'humeur. Huit jours entiers dans les vapeurs étylliques, stoppés net par la reprise du travail, le tout ponctué mardi par un enterrement. Normalement, ils sont tristes. Celui-ci était joyeux et triste à la fois. Triste parce qu'on ne la verra plus. Joyeux parce qu'elle l'était. Paule était une amie de mon père. Elle bossait avec aussi. C'est elle qui a corrigé mes premiers articles, m'a appris à construire un texte, avec patience, ce qui n'était pas une mince affaire. La patience n'est pas mon fort. Elle m'a aussi appris à tirer les vers du nez aux interviewés sans jamais se fâcher, toujours avec le sourire. Elle était partie peu avant moi du journal. Pour se consacrer à l'écriture. Encore et toujours. Elle parlait d'amour, racontait l'amour et vivait l'amour. Son mari, elle l'avait rencontré en 68. Jamais quitté. Elle est partie le 14 février. Dernier clin d'oeil de sa part que personne n'a manqué de relever. Bizarrement, elle me manque sans me manquer. A la fin de la cérémonie, qu'elle avait choisi non religieuse, son dernier roman nous attendait, ainsi qu'un plan pour nous accompagner au buffet prévu pour l'occasion. Une bonne vivante comme elle ne pouvait pas nous voir partir la larme à l'oeil sans trinquer pour elle une énième fois.
Je n'ai pas pleuré quand ma mère m'avait appelée pour m'annoncer le truc. C'est limite si je ne lui ai pas répondu "ouais ouais, j'ai compris. bon, j'ai pas le temps de te parler là, on se voit plus tard". Puis j'ai raccroché et vaqué à mes occupations tellement passionnantes comme les rendez-vous au pub. Puis on commence à me dire que j'ai la mine fatiguée. Normal, je suis en vacances. Pas d'horaire, pas de repas (équilibré ou non), le grand n'importe quoi habituel réservé aux périodes de congés. Puis est arrivé mardi. Je n'avais pas envie d'y aller. Je suis arrivée en retard. Acte manqué a dit ma mère. Son mari semble complètement perdu. Il passe plusieurs fois devant moi en disant "mais où est caroline? où est sa mère?" Ben là. On est là sans y être à vrai dire. Puis il y a aussi toutes ces personnes que je n'avais pas vues depuis longtemps. Les quelques personnes du journal de mes débuts que j'appréciais ont fait le déplacement. Mines graves. Personne n'y croit. Tout le monde savait qu'elle était malade, mais quand ça arrive, ce n'est pas pareil.
Des larmes coulent ici et là. Je ne fais pas exception. Je me mors l'intérieur des joues. J'en saigne, tellement je ne veux pas pleurer. Ma mère va prendre la parole devant le cercueil. Elle me traîne par le bras car elle ne se sent pas de le faire si je ne suis pas à côté. Pourtant, je ne suis pas en état d'être d'un grand soutien. J'y vais. Elle fait son discours. Enfin, c'est fini.
Pendant tout ce temps, je voulais que ça soit fini, terminé, qu'on passe enfin à autre chose. Je n'arrêtais pas de me dire que ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Mais, même s'ils ne durent qu'un court instant, les mauvais moments semblent durer une éternité. Ils marquent et on repart avec. Même si je n'y pense plus vraiment, c'est toujours là, quelque part. Une petite douleur, qui vient s'ajouter à de petites autres.
Nous sommes allés comme convenu au buffet organisé par notre hôtesse disparue. Un verre et nous les avons laissé en famille. Son mari nous demande de rester, car nous faisons partie de la famille. un deuxième verre et nous partons pour de bon. Nous sommes allés, ma mère, un ami et moi, retrouver les gens du journal, dans un restaurant gastronomique, toujours autour d'une bonne boutanche. Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais avec les journalistes, tout se termine toujours autour d'un bon plat et de quelques bons verres. Version Asterix, sans le barde en fait. On se remémore les bons moments et on finit toujours par rire, les bons mots finissant toujours par prendre le dessus sur tout. La vie continue, et c'est tant mieux.

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Samedi 18 février 2006
Après quatre jours d'alcoolisme pur et dur et assumé, il serait temps de repasser à ce que l'on appelle l'eau. Ou en tout cas un truc qui s'en approche. Puis recommencer à manger solide aussi, ça serait pas mal. Tout du moins consommer autre chose que des pains au lait. Hier, l'apogée à été atteinte. Après avoir vidé les fûts du pub près de chez Titia toute l'après-midi, nous avons dévalisé le rayon vodka du G20 de la rue d'à côté. Notre état était visible de tous, surtout lorsque Titia a fait tomber par inadvertance une bouteille qui s'est explosée sur mon pied. Mes Converse n'étant plus à ça près, j'ai beaucoup ri. Le monsieur nettoyage du lieu, lui, n'a pas eu l'air aussi content, mais il ne nous a rien dit. Il a vaguement bougonné un truc incompréhensible. Arriver chez elle ne fut pas sans peine, les quatre étages à monter n'étant pas ce qu'il y a de plus simple. Bonjour à sa maman, qui nous demande si, à tout hasard, nous n'avons pas bu. Toujours nier devant l'adversité. Une fois dans son studio, Titia installe les bouteilles au frais, dehors sur la gouttière, et met Iggy dans la platine. La discussion peut continuer. Enfin, la discussion a pas mal tournée en rond. "Tous des connards" étant le leitmotiv du moment. Parfois, il y avait quelques variantes. "Sont vraiment cons quand même" ou "culés". C'est que nous avons du vocabulaire. Louis m'appelle. Il a l'air lui aussi dans un bel état. Il se plaint de ne plus avoir de vie sexuelle avec sa copine après quatre ans de vie commune. Je lui réponds que son frère est un connard (aucun rapport je sais) et que, par la même occasion, lui aussi. Titia se marre, lui aussi. Il devrait passer sur Paris dans quelques semaines. Nous nous verrons à ce moment-là. Puis nous reprenons le cours de notre conversation qui fut interrompue régulièrement par Louis qui n'a pas arrêté d'appeler pour se plaindre que je ne l'appelais jamais et qu'on ne discutait plus comme avant. "Ouais, mais ton frère, c'est un con aussi. Puis toi, t'as qu'à m'appeler si tu veux me parler". Au milieu de tout ça, un texto s'est glissé. Forcément, je ne l'avais pas vu. Pourquoi est-ce toujours ce qu'on attend que l'on ne voit pas? Hein? Bon, paraît que c'est triste quand je ne suis pas connectée. Seulement, je ne peux pas être partout et hier, je n'avais pas du tout envie d'être chez moi. Envie de voir Titia, ma copine d'enfance, pour faire plein de conneries, comme lorsque nous étions plus jeunes. Puis se rappeler aussi les conneries que nous faisions à l'époque, les tocards qui ont jalonné notre parcours et finir le tout dans des fous rires incontrôlables. Pourtant, il me manque l'auteur du texto pas vu. Ben oui. C'est con comme situation, mais il semble qu'il n'y ait rien à y faire. Il ne peut pas être là, c'est comme ça. Faudrait que je me fasse une raison. C'est presque fait. Aujourd'hui, reste à résister à la consommation d'alcool et de cigarettes à outrance. Ca ne va pas être simple. Quoique... Pas spécialement envie de sortir. Envie de jouer de la gratte toute la journée et d'écouter The Masterplan.
par live forever publié dans : Live forever
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Lundi 13 février 2006

J'en pleurerai tellement tout va bien. C'est terrible. Tout a commencé par l'arrivée du courrier de l'expert qui, enfin, a rendu ses conclusions concernant l'affaire qui m'oppose à ma belle-mère. Le résumé des 25 pages de son dossier tient en une phrase: ma belle-mère est une pute. Ca, je le savais, mais que quelqu'un d'extérieur, de neutre et qui n'a aucun intérêt dans cette histoire le dise, ça fait un bien fou. Après sept ans et demi de bataille judiciaire, de coups bas et de phrases assassines type "ton père est mort de chagrin à cause de toi", enfin on me dit que je suis en quelque sorte la victime. Je n'aime pas être une victime, j'ai horreur de ce mot, il ne me correspond pas. Les choses arrivent, je les prends comme elles viennent et ne pleure pas vraiment sur mon sort. Certains le font très bien pour moi. Les "mais comment tu fais pour être équilibrée et ne pas en vouloir à la terre entière avec tout ce que l'on t'a fait" m'ont toujours fait rire. A vrai dire, on ne m'a pas fait grand-chose. En tout cas, rien qui ne m'ait empêché de vivre ma vie comme je l'entends. Paradoxalement, savoir que ma belle-mère va payer pour ce qu'elle m'a fait me rend particulièrement/extrêmement heureuse. Enfin, je ne suis pas arrivée au stade du "je m'en fous" du jour au lendemain. Au début, j'étais sonnée. Ensuite, il y a eu grosse remise en question, avec la question fatidique "et s'ils avaient tous raison". Parce que, forcément, quand autant de personnes pensent des choses horribles, on finit, si ce n'est par y croire, tout du moins par se remémorer chaque moment, chaque phrase, chaque geste en scrutant ce qui aurait pu être mal interprété ou s'il n'existe pas un acte horrible de ma part. Puis ensuite, il y a eu la haine. Moments bénis où je rêvais la nuit que je prenais la tignasse de ma belle-mère à pleine main et où je lui fracassait son crâne contre un mur jusqu'à ce qu'il ne me reste que son scalp, son crâne n'étant plus qu'une immonde bouillie sur un mur blanc quelconque. Ca faisait du bien de rêver de ça la nuit. Doux exutoire de ce que je ne pourrais jamais faire dans le monde réel. Enfin, il y a eu la confrontation. Six ans après tout ça, enfin, j'avais l'objet de ma haine devant moi. Et là, bizarrement, rien. J'ai même eu de la peine pour elle. J'avais envie de rire en la voyant si pathétique. Pauvre femme sans cervelle qui s'est crue dans les Feux de l'amour, sa série favorite.
La confrontation n'a pas été de tout repos. Son avocate me menaçant des pires choses à voix basse si je continuais à me défendre et à ne pas accepter les conditions de ma belle-mère. J'ai trouvé cela encore plus pathétique. Sa seule solution pour prouver qu'elle était de bonne foi était donc de tenter l'intimidation. Minable. Malgré tout, l'avoir devant moi m'avait provoqué quelques tremblements inopinés des mains. J'essayais de les contrôler, ainsi que ma voix, qui chevrotait un peu comme une petite vieille. C'est l'expert qui m'a aidé. En faisant taire les uns et les autres pour que je puisse m'exprimer. Ben oui, j'avais une toute petite voix, toute faible, et tous ces gens qui parlaient par-dessus moi, pour ne pas que je dise quoi que ce soit. Mais pour moi, ce jour-là était l'unique occasion que j'avais de tout dire. Et je l'ai fait. Calmement. Ma voix redevenant normale. Et la belle-mère qui blémissait au fur et à mesure de mes propos. Et la voir au bord de la crise cardiaque m'a donné une putain de force quand même. Un truc de ouf. En disant uniquement la vérité, je l'achevais. Mieux que dans tous mes rêves. Et l'expert qui semblait jubiler encore plus que moi...
En sortant du tribunal, un type, menottes aux poignets, se faisait embarquer direction la prison. Très pâle, il se faisait hurler dessus par un autre mec qui promettait de le retrouver dans 10 ans à sa sortie et de lui faire la peau. Irréel. Ma mère me demande si tout va bien. Elle n'avait pas assisté à la confrontation, n'étant pas concernée par la succession. J'ai juste hurlé. Cet espèce de hurlement qui vient du fond du fond, là bien en-dessous, le truc bien rauque dont on ne connaissait pas l'existence. J'ai fait un peu flipper tout le monde du coup. On ne me connait pas l'aspect exhubérant dans ma famille. Sauf ma mère. Les autres ont toujours pris un malin plaisir à me considérer comme une petite crotte à peine capable de s'exprimer. "Ca va mieux?". Ouais, on peut dire ça. J'en avais besoin. "Bon... Maintenant que ça c'est fait, j'ai besoin de boire de l'alcool". Ma mère opine de la tête et nous nous retrouvons dans un troquet de Brive-la-Gaillarde face à une boutanche de blanc. Me suis torchée devant ma mère qui me disait que j'en avais bien besoin et que ça faisait pas de mal. Retour au train. Je me demande quand même pourquoi on m'a fait ça et l'intérêt d'en arriver jusque-là. Je n'ai pas de réponse. Personne n'en a d'ailleurs. A part estampiller tout ça "connerie humaine", y'a pas grand-chose à en dire. Et un an plus tard, voilà que je reçois les conclusions de l'expert, qui vont dans mon sens, me donnent raisons. Je les ai lues une bonne quinzaine de fois, histoire d'être sûre d'avoir tout bien compris. Ma belle-mère se fait laminer sur 25 pages. C'est bon comme sensation. Puis je l'imagine au même instant, faisant la même chose que moi, lisant ces mêmes documents et blémissant. Et si elle avait fait une crise cardiaque. Une vraie cette fois? Ce serait trop doux pour elle. Il faut qu'elle aille jusqu'au bout de tout ça, de toute cette chose qu'elle a enclenché. Après, elle peut mourir. M'en fiche. Mais je veux juste la voir se faire sermoner par la juge. Que la justice lui dise en face "spice di connase" (bon, avec les termes appropriés, certes, mais dans l'idée, c'est ça).
C'est donc l'esprit totalement libre que j'ai vu les deux derniers concerts d'Oasis. Un peu dans le genre "j'ai pris de la drogue, je vois la lumière, etc". Le bliss est allé grandissant pendant ces instants. Grâce au concert, et à d'autres événements aussi. Puis paraît que ça va continuer comme ça. En tout cas, il semble que cela soit bien parti. Je n'ai pas l'habitude de tout ça. Je dois dire que c'est pas mal en fin de compte. Peut-être que cela ne durera pas. Contre toute attente, je n'ai pas envie que cela s'arrête. C'est cool tout ça en fait. Il paraît que le bonheur fait chier les autres, ben les autres, pour pas changer, je les emmerde...

 

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Vendredi 10 février 2006

Il n'y aura plus de concerts d'Oasis pendant longtemps en ce qui me concerne. Jusqu'à la prochaine tournée. En toute logique pas avant 2008. Cette date me paraît horriblement lointaine. Comme s'il s'agissait d'une autre vie. Ces dix derniers mois auront été riche en émotions et en voyages. J'aurais vécu environ un gig d'Oasis par mois. Le tout maintenant est de retourner à une vie normale. Et je n'en ai pas du tout envie. Mais alors vraiment pas. Ceci dit, depuis mon retour de Toulouse, je n'ai pas fait grand-chose. Pas mal de travail m'attendait au bureau et pas envie de sortir. J'ai préféré faire des câlins au chat. Il ne m'a pas vu des masses ces derniers temps, ça lui manquait. Une sorte de contre-coup de toute cette agitation des derniers mois. J'avais toujours un concert d'Oasis en perspective. On va dire que je commence ma phase de manque.
Heureusement, j'ai quelques drogues de substition dans ma besace. Non pas pour décrocher mais pour patienter. Lundi, Clap your hands say yeah se produit au Trabendo. Puis il y a The go! team aussi le 9 mars. Le Truskel, que je vais avoir plaisir de retrouver certains week-end. Puis le Pop in aussi à l'occas. Iggy and the Stooges le 8 mai au Zénith. Iggy... Il me tarde d'y être... Je le visualise déjà se vidant sa bouteille d'eau sur ses cheveux et toutes ces gouttes qui dégoulinent sur son torse nu et ce jean taille basse qui ne cesse de glisser... Orgasmique. Pour l'instant, je me contente de la pub SFR. A défaut. Certains critiquent la démarche. Je la trouve drôle. Iggy réveillé en pleine nuit pour qu'un abruti (qui a bon goût) télécharge son titre sur son mobile. Iggy, le produit, au service du consommateur, c'est juste. Mais je ne trouve pas qu'il vende son âme au diable. Pas comme Bowie qui a accepté de mettre en scène tous ses personnages pour vendre de l'eau. Rien que d'écrire le nom de cette boisson m'écoeure. C'est du vrai foutage de gueule.
Encore quelques heures à tirer en mode veille au son de MTV avant de rentrer enfin chez moi. Je me vois déjà enroulée dans la couette matant le concert de Manchester. J'achèterais sûrement une canette ou deux de Guinness sur le trajet retour. A moins que je ne tombe dans le pot de Nutella. Ou bien les deux. Quoiqu'il me reste encore quelques caramels à la Guinness... Ensuite? Sortir ou dormir? Vivement ce soir...

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Lundi 6 février 2006

Comme toujours, tout commence par une bière qui en entraîne plein d'autres. Arrivée à Toulouse assez tôt le samedi matin, je me fais d'abord insultée par des vieux qui ne supportaient pas ma clope dans le café où je prenais tranquillement mon petit-déjeuner. Le serveur est intervenu en précisant que j'étais dans la zone fumeur et a conclu par un "vieux cons" en m'apportant mon deuxième café. Après le croissant, en attendant Nadège, Gilles et Dagobert, je me suis réfugiée dans le Virgin. Direction les livres. Je tombe sur le recueil de lettres des amis de John Lennon, préfacé par Yoko Ono. Evidemment, pas de Macca à l'intérieur. En revanche, l'extrait de Jagger est assez éloquent. Il explique qu'il a beaucoup fréquenté Lennon pendant sa séparation d'avec Yoko et que, dès l'instant où il s'est remis avec, plus moyen d'approcher l'artiste et ses appels sont restés sans réponse. J'ai aussi feuilleté le truc écrit par Manoeuvre. Son passage sur les fans d'Oasis qui attendent désespérément un album de la trempe de Definitely maybe et qui n'arrivera jamais me fait gentiment quitter boutique. Enfin, une partie de la manchester team arrive. Le sens de l'orientation de Gilles commence à se mettre en marche. Il part à l'opposé de la place du Capitole... Vingt minutes plus tard, ils ont rebroussé chemin et arrivent. Pendant ce temps, j'ai croisé quelques anglais, spécialement venus pour le gig du soir. Ca fait du bien d'entendre un accent de Manchester. On se croirait presque à la maison. Il fait faim et surtout soif. L'horreur. Pas un pub dans cette ville. Depuis quand les lads font un concert dans un endroit où ne se trouve aucune enseigne "Guinness"? On finit par trouver un restaurant/snack qui sert des petites pintes. Que de la blonde. Faut pas déconner. Puis direction la gare, pour chercher Anthony, un autre membre de la manchester team. Nous sommes en avance et un bar nous tend les bras. Enfin, disons qu'on a pris le moins pourri des bars pourris à proximité des trains. Le taulier est aimable comme une porte de prison et tout ce que j'ai compris de ce qu'il nous disait avec son accent est "ptits cons". Le train ne va pas tarder. On quitte le lieu après quelques pintes. Passage au McDo pour nourrir l'autre Manchester teamien. Faut prendre beaucoup à manger pour avoir droit à 33cl de houblon. Lose. La déco du lieu va avec l'amabilité des McDo girls: à chier. Enfin, l'heure de prendre la voiture pour se rendre au Zénith arrive et nous croisons Eric sur le chemin. Il fait le trajet avec nous. Toujours le sens de l'orientation en alerte, Gilles décrète que "c'est par là" en sortant du parking. "Et vous donnez le plan aux mecs, les filles ça sait pas lire une carte". Après trente bonnes minutes, nous voilà dans une zone industrielle qui parle de l'espace et d'autres trucs que je comprends pas des masses. Avec Nadège, nous tentons un "heu... on est peut-être à l'opposé là... Faudrait peut-être demander aux gens" Non, on va prendre le périph. "Attention, y'a deux sens, on sait pas dans quel sens faut le prendre..." "Pas grave, on prend le périph". "Et tu sais quelle sortie faut prendre?" "Ben y'aura bien un panneau "Zénith" à un moment". Après un petit moment sans trouver le périph (ou plutôt si, on a raté l'entrée), on demande à une dame qui nous explique que c'est tout droit. La route se séparant en deux, on redemande à un type qui nous explique qu'on est à l'opposé et qu'il faut aller à gauche, à droite, tout droit, puis re-gauche. Bah compliqué ça. Donc on demande à une voiture. Le type, très sympa, nous dit de le suivre. Il sait parfaitement où c'est et, effectivement, nous sommes bien à l'opposé. Une énorme file d'attente nous accueille. Il fait froid et, heureusement, ça avance vite. Enfin à l'intérieur, la soif se fait sentir. Les aller-retours se succèdent avant la première partie. Du coup, je m'étale comme une merde une première fois dans les escaliers. Toujours digne, je réussis à sauver une bière sur les deux que j'avais prises (oui, hein faut pas déconner, c'était pas des pintes, mais des tout petits verres). The Thrills commencent enfin. C'est pas mal du tout. Le chanteur réussit même à faire frémir la foule qui peine à se réveiller, non pas parce que le show est nul, mais parce qu'on a droit à un public de beaufs. Enfin, Oasis. Toujours la même setlist. Des cons derrière nous qui nous demandent de nous asseoir. "Heu... non" Nous restons debout à sauter partout. Cigarettes&alcohol est mémorable. Au début du titre, la lumière s'éteint. Grosse panne. Liam se plante dans les paroles. Puis le public reprend. Ca vaut largement la barrière qui s'est effondrée à Manchester côté impro en moins dangereux quand même. A la fin, un autre relou me demande de m'asseoir. "Ecoute, t'es gentil, mais si t'es venu pour rester le cul vissé sur ton siège, tu vas te chercher un lait fraise et tu vas écouter Raphael au lieu de m'emmerder pendant un concert d'Oasis". Il le prend pas très bien. Je conclue par un connard et Gilles, qui est tout autant saoûlé par ce public de merde, décide de descendre de quelques marches. Nous le suivons et la fin du concert se déroule très bien. Plus de relous. Enfin si, on les voit, stagnant là sur leurs sièges, un peu comme s'ils mataient un prime de la Star ac. Pourquoi payer 30 euros si c'est pour se faire chier franchement et surtout, faire chier tout le monde. En même temps, nous avons droit à un public qui réagit uniquement à Wonderwall. A part les quatre minettes devant nous qui connaissent tout par coeur. Ca fait plaisir à voir. Le concert se termine en apothéose avec Don't look back in anger toujours aussi émouvant et un My generation qui déchire tout. Pour ce dernier concert de la tournée, il fallait finir en beauté. Ce fut chose faite. En arrivant devant la péniche où se déroulait l'Oasisparty, le portier nous refuse l'entrée. "Complet". On décide de revenir dans une heure et nous retrouvons dans un bar étrange pas loin. Etrange, parce qu'en fait, il s'agissait d'un karaoké où la pinte est plus chère que le cocktail. Va comprendre... Nous sommes arrivés sur du Jenifer et vite repartis (après avoir pourri un peu les prestations des autres) sur du je sais plus quoi de français. Retour sur la péniche. La voie est libre. Et encore une fois, je garde la fin pour moi. Cheers.

par live forever publié dans : Rock&roll star
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